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Le quotidien d'une travailleuse sociale

Le travail social : un domaine aux multiples facettes

Dans le cadre du balado de Salto Conseil, Les portraits professionnels, nous avons fait la rencontre de Stéphanie Audet, une travailleuse sociale œuvrant à la DPJ (Directeur de la protection de la jeunesse). À ce jour, cet épisode est un de nos plus écoutés! C’est pourquoi nous avons pensé revisiter l’entrevue par le biais d’un article.

Stéphanie Audet est une travailleuse sociale possédant un baccalauréat en travail social. Lors de notre entrevue, elle travaillait pour la DPJ en tant qu’agente de relations humaines. Ce poste sera expliqué un peu plus loin, mais tout d’abord, arrêtons-nous à l’image que les gens ont du travail social.

Le travail social aux yeux des autres

Lorsqu’on lui demande ce que les gens pensent de son domaine d’emploi, Stéphanie explique qu’elle se fait souvent demander de prime abord si elle travaille à la DPJ. En quelque sorte, c’est comme si les gens qui ne sont pas familiers avec le travail social pensent que tous les professionnels du milieu œuvrent inévitablement à la DPJ alors que c’est tout le contraire tant les champs d’action sont vastes!

Une autre idée préconçue que les gens ont du métier de Stéphanie, c’est qu’elle enlève des enfants aux familles. Si Stéphanie ne nie pas que le fait de retirer des enfants est une minime partie de son emploi, elle explique toutefois que travailler à la DPJ est beaucoup plus vaste que ça. Elle sent parfois que les gens, dont les familles qu’elle aide, la voit comme une ennemie et lui accorde une très mauvaise réputation.

Un point intéressant qu’elle amène, c’est que la vision des gens sur les travailleurs sociaux change énormément selon le domaine d’emploi. Par exemple, un travailleur social de la DPJ ne sera pas nécessairement perçu de la même manière qu’un travailleur social qui œuvre dans un bureau privé.

En quoi consiste l'emploi

Si vous vous questionnez sur ce que fait une travailleuse sociale à la DPJ, le prochain paragraphe est pour vous!

Selon Stéphanie Audet, une travailleuse sociale à la DPJ est en quelque sorte une personne pivot qui agit autant sur l’environnement que sur l’aspect personnel des usagers. Les travailleurs sociaux sont des personnes qui travaillent généralement de près avec plusieurs autres intervenants comme des psychologues et des médecins. Leur approche est systémique, puisqu’ils interviennent sur plusieurs plans.

Un exemple donné par Stéphanie Audet est celui d’un jeune aux prises avec un problème de délinquance et de consommation. Le travailleur social interviendrait auprès des parents et de l’école afin de voir ce qui peut être mis en place pour aider le jeune, puis le jeune sera aussi consulté afin de comprendre les enjeux qu’il vit et de trouver les meilleures manières de le soutenir dans son cheminement. Dans cette situation, le travailleur social agit sur l’individu (le jeune), sa famille, son école, ses amis et son réseau social.

Dans le cas plus précis de la DPJ, les travailleurs sociaux sont aussi amenés à travailler avec l’image négative qu’ont à priori les familles. Les intervenants peuvent parfois être vus comme des « enleveurs d’enfants », donc une bonne partie de l’intervention initiale est de rassurer les parents sur leur rôle réel en tant que travailleurs sociaux. Lorsqu’un travailleur social œuvre avec la DPJ, son « client » est l’enfant. C’est lui et sa sécurité qui sont au cœur des décisions.

Un exemple d’une journée typique

Concrètement, de quoi peut avoir l’air une journée typique d’une travailleuse sociale à la DPJ? Stéphanie Audet explique qu’il y a en quelque sorte deux journées typiques en travail social : la journée axée sur l’intervention et la journée axée sur les aspects administratifs comme la tenue de dossiers. Effectivement, chaque intervention nécessite d’avoir une trace dans le dossier de l’usager, ce qui fait que le travailleur social a une tâche de rédaction à accomplir à certains moments. Il faut donc être à l’aise avec l’idée d’avoir des journées plutôt au bureau et des journées sur la route à visiter les différents usagers (ou au bureau à les recevoir sur place).

Le milieu de travail

Le titre officiel du poste occupé par Stéphanie Audet lors de l’entrevue est « agente de relations humaines ». C’est un terme assez large et plusieurs professions peuvent être embauchées dans ce poste. À la DPJ, il y a trois grandes équipes : le traitement des signalements, l’évaluation et le suivi social. Chaque équipe travaille main dans la main afin d’assurer le bon fonctionnement de la DPJ.

Travailler pour la DPJ, c’est avoir un emploi en institution. C’est un emploi gouvernemental qui implique certaines caractéristiques spécifiques. Lorsqu’on devient travailleur social, il y a généralement un choix à faire entre travailler dans divers milieux, dont le communautaire ou l’institutionnel. Dans le milieu institutionnel, la stabilité d’emploi est généralement plus grande, avec des horaires fixes, mais moins d’autonomie puisque chaque décision est très encadrée. Il y a des procédures à suivre et une bureaucratie à respecter, ce qu’on ne trouve pas dans le communautaire.

Pourquoi avoir choisi le travail social?

Stéphanie Audet explique qu’elle a toujours été intéressée par les gens. Elle aime les comprendre et connaître leur histoire. Quand elle s’est inscrite au cégep dans un profil en sciences humaines, elle s’est rendu compte qu’il y avait énormément d’options en relation d’aide… Le travail social a retenu son attention pour la polyvalence du métier et les portes que ça permet d’ouvrir. Pour elle, la sécurité d’emploi est importante, et le domaine de la relation d’aide sera toujours en demande. Un autre aspect qui lui a plu du travail social, c’est le fait qu’il est possible de se réorienter assez facilement dans une autre branche, un autre organisme, ce qui amène de la diversité dans les expériences professionnelles.

Quelles forces faut-il avoir?

Enfin, la dernière question importante à laquelle Stéphanie Audet a répondu est celle des forces nécessaires à un futur travailleur social. La première qu’elle a énoncée est la patience. Elle explique que, parfois, les travailleurs sociaux veulent davantage aider les gens que ces mêmes gens veulent s’aider… Ainsi, il faut apprendre à avoir de la patience face au cheminement de chaque personne. Il faut aussi être capable de lâcher prise et de comprendre que l’échec ou la réussite des personnes ne dépendent pas des actions du travailleur social. Sans la capacité de lâcher prise, Stéphanie Audet est d’avis qu’il y a un risque d’épuisement avec la profession de travailleur social.

Cet article résume les grandes lignes de notre entrevue avec Stéphanie Audet, travailleuse sociale. Pour en savoir plus, nous vous invitons à écouter notre balado

 Si le milieu du travail social vous intéresse et que vous avez envie de cibler des parcours qui pourraient être pertinents pour vous, n’hésitez pas à nous contacter

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