RESSOURCES HUMAINES

AVEC CHRISTIANNE KADDIS

Avril 2019 | Musique et montage par Alex Andraos

Discussion avec Christianne Kaddis, coordonnatrice au service des ressources humaines, pour en comprendre un peu plus sur ce vaste domaine de l’administration.

Liens interessants

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Aussi disponible sur Apple Podcasts, Google Podcasts, YouTube et Spotify

RESSOURCES HUMAINES

AVEC CHRISTIANNE KADDIS

Aimy :

Bonjour et bienvenue aux Portraits professionnels, le balado où l’on tente de clarifier différentes professions du marché du travail. Aujourd’hui, on rencontre Christianne Kaddis, coordonnatrice au service des ressources humaines, pour en comprendre un peu plus sur ce vaste domaine de l’administration. Christianne Kaddis, bonjour.

Christianne :

Bonjour.

Aimy :

On se rencontre aujourd’hui pour en apprendre un peu plus sur le monde des ressources humaines. Merci de participer à l’entrevue.

Christianne :

Je suis bien contente.

Aimy :

Comment est-ce que tu nommes ton titre?

Christianne :

Coordonnatrice au service des ressources humaines.

Aimy :

Alors, coordonnatrice au service des ressources humaines, si tu es dans un 5 à 7 et que tu rencontres quelqu’un pour la première fois, allô qu’est-ce que tu fais dans la vie? Je suis coordonnatrice au service des ressources humaines. Là, les gens, qu’est-ce qu’ils pensent que tu fais?

Christianne :

Souvent, je ne vais pas dire que je suis coordonnatrice. Une des raisons pour laquelle je ne le dis pas, c’est que dans une petite entreprise, une moyenne ou une grande, la coordonnatrice peut être un statut débutant, comme ça peut être à mon niveau, où je suis un statut cadre. Donc, ça n’a pas la même représentation. Souvent, ce que je vais dire, c’est que je travaille pour un service de ressources humaines, en tant que généraliste. Ça en dit un petit peu plus aux gens.

Aimy :

Oui.

Christianne :

Quand je leur dis ça, je suis en ressources humaines, première réaction c’est : ah c’est toi qui embauche!

Aimy :

Fait que c’est à ça que tu sers, tu sélectionnes du monde.

Christianne :

Je sélectionne du monde. C’est souvent la première réaction que les gens ont ou la connaissance que les gens ont du service des ressources humaines.

Aimy :

Et qu’est-ce que cela te fait que les gens voient ton travail comme ça?

Christianne :

Ce que ça me dis, c’est qu’ils se rappellent que c’est le premier contact qu’ils ont avec l’entreprise, c’est avec les personnes du service des ressources humaines. C’est un bon point de départ. Mais ce que ça me dit aussi, c’est qu’ils ne connaissent pas tous les services qu’on offre autour.

Aimy :

Combien tu dirais que ça représente, l’embauche, dans les tâches que tu fais dans une semaine, par exemple?

Christianne :

Dans mes tâches à moi, ça représente environ 5 à 10% parce que j’ai quand même une équipe qui travaille en collaboration avec moi.

Aimy :

Fait que ce que tu me dis, c’est que dépendamment du poste qu’on occupe en ressources humaines, ça pourrait occuper beaucoup, beaucoup de temps l’embauche, comme cela pourrait en occuper très peu.

Christianne :

Exactement. On peut avoir des spécialistes en recrutement qui ne s’occupent que de l’embauche, c’est 100% de leur métier, mais quand on parle à des généralistes, habituellement, ça va occuper une très mince partie de leurs fonctions.

Aimy :

Si on prend ton exemple à toi, donc tu me dis que tu es coordonnatrice, ça implique que tu as un poste de cadre. À ce niveau-là, 5 à 10%, ça représente très peu de ce que tu fais.

Christianne :

Effectivement.

Aimy :

Le 95 à 90% qui reste, il ressemble à quoi?

Christianne :

Si je prends une tarte, je dirais que la plus grosse pointe, c’est des relations de travail parce que c’est le quotidien. Quand on est dans un milieu syndiqué, on a une convention collective, donc tous nos aspects, toutes nos obligations en tant qu’employeur et nos droits en tant que patron, en tant qu’employeur, sont inclus à l’intérieur de cette convention collective là. Les gens ont beaucoup de questions, il y a beaucoup de relations de travail qui sont effectuées en fonction de la convention collective. Les autres tranches, les autres pointes de pizza, il y a un volet qui est la rémunération des gens, il y a un volet qui est au niveau de la formation qu’on offre, il y a un volet qui touche la santé sécurité, il y a un volet qui touche, c’est sûr, tout le processus de dotation dont on a déjà discuté un peu.

Aimy :

La dotation étant le recrutement?

Christianne :

Effectivement, le recrutement. Mais c’est tout le processus. Quand on parle de tout le processus de dotation, ce n’est pas seulement d’être capable d’aller faire une entrevue, mais c’est le processus d’afficher, de sélectionner la bonne personne, de la passer en entrevue, de l’accueillir à l’intérieur de l’organisation.

Aimy :

Hum, tout ça ensemble, c’est la dotation.

Christianne :

Effectivement. Et il y a tout le volet des assurances collectives, lorsque quelqu’un est malade, au niveau de l’invalidité. Donc ce suivi-là aussi est effectué.

Aimy :

Fait que c’est toutes ces tranches de tarte qui représentent ton quotidien professionnel. Si je reviens au premier point que tu as soulevé, qui était les relations de travail. Lorsqu’on parle de relations de travail, tu me dis, c’est le quotidien. Si tu me donnais quelques exemples, qu’est-ce que ça pourrait représenter, des situations en relations de travail?

Christianne :

Je dirais qu’il y a un volet qui va être les droits des employés. Si un employé se sent lésé dans une décision que le Collège a pris, il va faire valoir ses droits.

Aimy :

Le Collège, si tu veux juste nous mettre en contexte, tu travailles?

Christianne :

Pardon, c’est vrai, je travaille pour un cégep. C’est l’organisation pour laquelle je travaille et donc, quand une personne se dit, je me sens lésée à l’intérieur, je me sens lésée dans mes droits, ils vont devoir faire la démonstration auprès du service des ressources humaines à quel niveau qu’ils se sentent lésés dans la convention collective, pour quelle raison et là ça va être à nous de faire l’analyse de cette demande là. Est-ce qu’il y a réellement eu un impact? Ou il y a eu une conséquence sur l’employé qu’il n’y aurait pas dû, ou les règles ont été suivies.

Aimy :

Si j’essaie d’avoir un exemple concret, je te nomme quelque chose et tu me diras si ça a rapport ou pas. Dans un autre environnement de travail, pas au Collège où est-ce que tu travailles, dans un autre environnement, quelqu’un m’a déjà raconté : moi j’ai une mobilité réduite et la configuration du stationnement a été changée, ce qui a fait que mes déplacements deviennent plus difficiles, une fois que j’ai stationné ma voiture. Est-ce que ça, c’est quelque chose que quelqu’un pourrait t’apporter, par exemple, comme problématique?

Christianne :

Tout à fait. Pour moi, ça ne rentrera pas, par contre, dans les relations de travail. Ça va rentrer dans le volet santé et sécurité au travail, santé et mieux-être aussi. Donc cette évaluation là, que ça soit un accommodement au niveau du poste de travail, au niveau du stationnement et des déplacements, on va faire une analyse organisationnelle pour voir comment on va accommoder la personne.

Aimy :

Vraiment, ta tâche, elle est comme un peu mitoyenne. L’employeur a des attentes, l’employé a des droits. Entre tout ça, lorsque les gens sont un peu mal à l’aise pour une raison xyz, toi tu viens intervenir pour stabiliser un peu tout?

Christianne :

Je ne parlerais pas seulement de malaise. Je parlerais d’équité, de justesse de traitement. On ne veut pas qu’on favorise une personne versus une autre, soit par les contacts qu’elle a, le nombre d’années d’expérience qu’elle a ou autre. C’est de traiter justement, équitablement les gens et d’avoir une pensée dans le futur également. Comment qu’on veut s’assurer, comment on représente, comment on veut être perçus comme entreprise, comme organisation, avec nos limites. Il ne faut pas oublier qu’on en a, nous autres aussi. C’est vraiment très vaste.

Aimy :

C’est un champ très vaste. Habituellement, quand ça cogne à ta porte, si tu me donnais des exemples de pourquoi les gens viennent te voir?

Christianne :

Ça peut aller de quelque chose de très simple, questionner sur des formations possibles, de suivre des formations de groupe, comment mettre ça en place, à des conflits interpersonnels qu’il peut y avoir entre collègues. Ça peut passer à des questions sur la retraite, des questions sur les invalidités, des questions sur la santé et sécurité, donc on pense qu’il y a un environnent de travail qui est non sécuritaire, on va en faire l’analyse. Les retraites préventives. C’est ça qui est le fun, c’est qu’on sait jamais ce qui va arriver sur notre bureau. C’est toujours une nouvelle surprise. Des fois, ça peut être des projets très amusants. Des congés de maternité pour lesquels on est toujours très heureux, comme ça peut être des situations plus délicates où les gens ne se sentent pas bien, soit par une relation interpersonnelle, par une action qui a été posée, qui d’après eux vient les léser.

Aimy :

C’est vraiment très varié. Ça peut être, mon collègue de bureau, j’ai du mal à m’entendre avec lui, très humain. Comme ça peut être très physique, comme par exemple, l’exemple du stationnement de tout à l’heure. Comme ça peut être de la formation, on va dans l’avenir, on voit pour plus tard. C’est vraiment, très, très large.

Christianne :

Oui.

Aimy :

Ok. Avec tous ces chapeaux là que tu portes en même temps, ces différentes pointes de tarte dont tu me parlais tout à l’heure, si tu me décrivais une journée typique, de quoi ça a l’air? Un mardi matin, tu arrives au bureau, tu enlèves tes bottines, qu’est-ce qui se passe?

Christianne :

Souvent, j’essaie de combler mon agenda avec quelques rendez-vous, mais de laisser la plupart des plages horaires quand même libres car je sais qu’il va y avoir beaucoup de questions qui vont se poser et que les gens vont venir me voir. Malheureusement, la réalité est que je suis en rencontre pour discuter d’un dossier. Mais mes dossiers sont tellement variés, on peut se promener entre le suivi d’un dossier disciplinaire d’un employé à un comité sur la reconnaissance des employés, à un autre comité sur on veut améliorer le processus d’embauche, le processus d’accueil du personnel, à une rencontre avec les avocats pour préparer un dossier d’arbitrage. Donc, mes journées vont vraiment varier et j’essaie toujours d’avoir quand même un petit dossier qui est plus amusant, un petit dossier qui est plus bonbon. Ça rend la journée plus agréable dans ce temps-là. C’est sûr, ce qui est difficile, c’est en début et fin de journée, c’est de prendre les appels, prendre les messages téléphoniques pour faire un retour, assurer de faire une vigie ou un suivi au moins de nos courriels et de répondre aux dossiers les plus urgents. Maintenant, avec les nouvelles technologies, il y a le téléphone de bureau, il y a le cellulaire, il y a les courriels, il y a Skype entreprise. Il y a vraiment différentes façons de nous consulter, alors c’est un rythme un petit peu fou.

Aimy :

C’est un rythme qui est quand même soutenu.

Christianne :

Oui.

Aimy :

Tu disais, j’essaie de me garder quand même une place pour avoir des dossiers plus bonbon. Pour toi, en étant qui tu es, qu’est-ce que ça pourrait être, par exemple, un dossier bonbon?

Christianne :

Un dossier bonbon… Un comité de perfectionnement. On regarde l’avenir, on regarde ce qu’on peut offrir à notre personnel qui va les aider, les outiller dans leur quotidien. Comment on peut rendre ça simple, facile, amusant pour eux. Pour moi, ça peut être un dossier bonbon, surtout quand on travaille en collaboration avec des gens qui ont le même objectif que nous. J’ai une super belle équipe de travail et je ne parle pas juste de mon équipe, à mon service. Mais dans la communauté, on a des gens qui sont impliqués et ça c’est vraiment le fun.

Aimy :

Il y a quelque chose de nourrissant dans tout ça de voir qu’il y a plusieurs personnes qui mettent l’épaule à la roue en même temps.

Christianne :

Oui et qu’on arrive à un résultat où est-ce que les gens sont heureux.

Aimy :

C’est intéressant, ce que tu soulèves, parce qu’on a souvent une vision des ressources humaines comme étant vraiment au sein de conflits. C’est les gens qu’on va voir quand ça ne va pas. Mais ce n’est pas juste ça.

Christianne :

Non, loin de là. On est là, oui, entre autres pour ça. Des fois, on est pas nécessairement la personne qui va pouvoir régler le tout. On va outiller, mais ce n’est pas nous qui allons régler la situation. Les gens doivent être impliqués dans la recherche de solutions également.

Aimy :

C’est un point d’ancrage…

Christianne :

Tout à fait.

Aimy :

Mais ça reste, en fait, un travail d’équipe lorsque vient le temps de résoudre.

Christianne :

Oui.

Aimy :

Parfait. Est-ce tu pourrais me décrire un peu ton milieu de travail? Qui est-ce qui t’entoure? Toi, tu es coordonnatrice, alors j’imagine qu’il y a d’autres personnes dans le département?

Christianne :

Effectivement. On est un département, dans le fond notre service est séparé selon les catégories de personnel. Donc, je travaille dans un collège, dans un cégep. Donc, mon volet à moi c’est le volet enseignant et avec moi, j’ai une équipe extraordinaire. J’ai des agentes qui travaillent en collaboration avec moi, j’ai des techniciennes qui travaillent ardemment aussi, qui rencontrent les employés fréquemment, qui soutiennent toutes les opérations techniques à l’intérieur de mon service pour répondre au personnel enseignant.

Aimy :

Donc, opérations techniques, admettons, toi tu aurais pris une décision par rapport à un dossier, les techniciennes vont veiller à ce que ça s’exécute correctement?

Christianne :

Effectivement. Et mon adjointe va faire le suivi de listes, le suivi du processus de dotation, le suivi des contrats, ce qui est plus administratif.

Aimy :

Donc, veiller à ce que chaque dossier suive son cours comme il est supposé le faire?

Christianne :

Oui. Effectivement. On est vraiment une équipe où on est des gens qui sont investis, qui sont au service des gens. Également, pour nous, ce qui fait en sorte qu’on a bien réussi la journée, c’est quand le service qu’on a rendu répond aux attentes des personnes qui sont devant nous. Nos clients à nous, c’est le personnel.

Aimy :

Les ressources humaines, c’est un peu ça. Toute compagnie va avoir des ressources matérielles puis des ressources humaines. Donc, c’est un pilier de l’entreprise, de l’organisme et votre travail, c’est d’y veiller? C’est ça que je comprends?

Christianne :

Oui.

Aimy:

Je reviens souvent sur, mais c’est quoi les ressources humaines? C’est quoi les ressources humaines? On dirait que c’est un terme qui est flou pour plusieurs personnes. Si je te demandais vraiment simplement c’est quoi les ressources humaines, comment tu décrirais?

Christianne :

En essayant de décrire le plus facilement possible, si on décortique sa notion la plus simple, comme tu l’as dit, ressource matérielle, c’est quelque chose de physique. Ressource humaine, c’est la personne. Ce qu’on veut, c’est la meilleure personne dans la meilleure chaise, et de l’accompagner tout au long de son processus à l’intérieur de l’organisation.

Aimy :

Donc, de bien choisir la personne, ça c’est le début?

Christianne :

Oui.

Aimy :

Mais ensuite, de s’assurer que la personne reste bien dans sa chaise, c’est le reste de ton travail?

Christianne :

Oui. Jusqu’à son départ. Peu importe la raison de son départ.

Aimy :

C’est bien dit. Fait que c’est vraiment tout ce qui pourrait faire que, soudainement, je suis moins bien dans ma chaise qui pourrait être une raison valide d’aller cogner à la porte des ressources humaines?

Christianne :

Oui.

Aimy :

Fait que c’est vraiment comme un centre de ressources, jusqu’à un certain point?

Christianne :

Oui.

Aimy :

Vous allez avoir un début de réponse ou vous allez trouver où est-ce qu’on va me répondre?

Christianne :

Oui, exactement. On ne se substitue pas au patron, au gestionnaire, au superviseur. Mais on est là comme étant des outils supplémentaires.

Aimy :

Pour faire le pont.

Christianne :

Pour faire le pont, pour diriger, pour accompagner, tout ça ensemble.

Aimy :

Super. Les ressources humaines, quand je rencontre des enfants et que je leur demande qu’est-ce que tu veux faire dans la vie, c’est rarement ça qu’ils vont me répondre. Qu’est-ce qui fait que toi, c’est ce que tu as choisi de faire de ta carrière?

Christianne :

Ce n’était pas si simple que ça, mon choix. J’ai un choix que j’ai découvert avec le temps. Moi non plus, je ne connaissais pas ça, les ressources humaines, quand j’étais au secondaire. Au cégep non plus, honnêtement. Je ne peux pas dire que c’était un monde que je connaissais beaucoup. Même que je suis une personne qui était très artistique. J’aimais être avec le monde, je voulais m’en aller en publicité, j’aimais le côté créatif. Puis quand on est aux études, souvent, rendus au cégep, on travaille en même temps. J’étais, à ce moment-là, gérante d’une boutique puis la gestion m’intéressait vraiment. Mais rendue à l’université, je me cherchais encore un peu. Je ne savais pas trop où j’allais m’en aller, mais j’aimais la publicité. En faisant la lecture des différents programmes, j’ai vu qu’il y avait un programme en gestion des ressources humaines. Dans le fond, c’était l’École des ressources industrielles de l’Université de Montréal. Quand j’ai vu la panoplie de sujets qui étaient touchés dans ce programme-là, j’ai fait ok wow! Je traite avec les gens, j’ai un volet légal, j’ai un volet financier, j’ai un volet humain, de relation d’aide. Je me disais c’est tellement le fun, c’est comme si je peux tout faire.

Aimy :

Cette variété-là, elle était intéressante.

Christianne :

Oui. Donc là, je me suis lancée et je me suis vraiment découverte parce que je ne suis pas dans un métier qui est ni saturé, ni qui va faire en sorte que je sais ce qui m’attend demain ou qui va être répétitif, loin de là. Ça me permet aussi d’utiliser mon côté créatif que j’aime, tout en étant structurée et en étant rigoureuse dans la qualité du travail que j’offre. Et tout ce qui est relation d’aide, ça me permet d’être en contact avec les gens, ce que j’apprécie vraiment.

Aimy :

Tu parles de créativité, tu la vois où la créativité, dans ton travail? Christianne :

Elle est à différents niveaux, puis elle est tout le temps là. La créativité, ça peut autant être l’organisation du travail à l’intérieur d’une équipe, que ça peut être en solution d’une problématique qu’on a. Des fois, penser à l’extérieur de la boîte à des solutions que ce n’est peut-être pas écrit comme ça noir sur blanc dans la convention, c’est peut-être pas écrit du tout. Puis là on est dans une zone…

Aimy

: Plus floue…

Christianne :

Plus floue, oui. J’allais dire colorée parce que ça fait différent. Ça me permet d’utiliser ma créativité pour essayer de trouver des solutions qui sont autres, qui répondent aux besoins de tout le monde.

Aimy :

Fait que c’est dans l’originalité des réponses que tu peux trouver?

Christianne :

Oui.

Aimy :

Donc, là tu as opté pour ce bac là parce qu’il permettait de réunir tous ces intérêts que tu avais. Ensuite, qu’est-ce qui s’est passé?

Christianne :

Je suis allée sur le marché du travail, j’ai fait un stage. Ça, c’est absolument génial quand on a l’occasion d’effectuer un stage dans le cadre de nos études. Ça confirme le choix du programme qu’on a fait. Après une ou deux années d’expérience sur le plancher, j’avais besoin d’aller chercher plus d’outils pour aller plus loin. Rapidement, en ressources humaines, si on a de bonnes habiletés politiques, on peut aller très loin, très rapidement. Je sentais que j’avais besoin d’aller me chercher des outils à ce niveau-là pour pouvoir me projeter.

Aimy :

C’est quoi, pour toi, une habileté politique?

Christianne :

Une habileté politique, un, ça se développe. C’est pas quelque chose qui est inné. Souvent, c’est quelque chose qu’on va travailler. C’est comment garder de bons liens avec les gens. Créer des bons liens. Connaître c’est quoi ces liens-là, qu’est-ce qu’ils peuvent nous apporter et être capable de les utiliser à bon escient pour passer une idée. On travaille dans une organisation, on vit dans une société où est-ce qu’on a tous des opinions différentes et on va tous un peu prêcher pour notre paroisse. C’est tout à fait normal et il n’y a rien de négatif là-dedans. Mais, d’avoir des bonnes habiletés politiques, ça nous permet de faire passer nos idées, de les faire comprendre, d’aller chercher nos alliés, de comprendre qui ne sont pas nos alliés parce qu’ils ont des intérêts peut-être contradictoires à ce que nous on recherche. Mais ça ne veut pas dire que c’est à l’extérieur de la vision de l’entreprise. Ça veut dire qu’il y a des intérêts différents. Comme quand on se chicane pour les budgets, qui va avoir le plus gros budget pour cette année. Donc, d’aller chercher ces habiletés politiques là pour être capable de faire grandir son service et de faire grandir l’organisation à l’intérieur de ça.

Aimy :

Là, c’est intéressant parce qu’on ne te voit pas, pour les gens qui écoutent, mais tu souris en me racontant tout ça et j’ai l’impression, dans le fond, que c’est quasiment comme un coach qui parle d’un plan de match. Un peu comme quelqu’un qui dirait : ok voici la situation, voici les différentes personnes sur le terrain, voici comment on peut jouer avec ces différentes personnes-là et comment on peut s’adapter. C’est un peu ça, pour toi, les relations politiques comme tu les nommes? Savoir qui va prendre ma passe, savoir qui va être capable de tirer au but quand ça va être le moment, savoir que cette personne-là, il faut que je fasse attention parce qu’elle est habile pour telle affaire? On est un peu dans tout ça?

Christianne :

On l’est. Je pense qu’il ne faut pas se le cacher, il faut être conscient de ça. Il faut être conscient de qui sont nos alliés. C’est quand ils vont être d’accord avec nous et quand ils ne le seront pas et pour quelles raisons. C’est d’être capable de comprendre les intérêts des gens et pourquoi ils ont ces intérêts-là.

Aimy :

Donc, les comprendre et d’être capable de se mettre à leur place pour voir qu’est-ce que ça implique, ces discussions-là avec eux?

Christianne :

Tout à fait.

Aimy :

Super. Donc, tu me disais, tu étais sur le marché du travail et tu as décidé d’aller te chercher plus d’outils?

Christianne :

Oui. Donc, j’ai décidé de retourner sur les bancs d’école. J’ai fait un deuxième cycle en gestion. Ce qui est bien au deuxième cycle, c’est que c’est souvent des professionnels qui sont assis en classe. Donc, il y a un bel échange des réalités de différents cadres, gestionnaires, de ce qu’ils vivent, de comment qu’ils vont régler certaines situation, de comment ils pensaient d’avoir réglé une situation, mais ça n’a pas marché, ça s’est reviré différemment. On apprend de nos erreurs. Il ne faut pas oublier qu’on est tous humains. Donc, c’est ça. D’aller chercher ces outils-là avec des professeurs qui ont aussi une expérience et qui se sont parfois aussi trompés dans leur parcours. Ils sont capables de nous démontrer comment des erreurs, ça nous enrichit dans nos choix. C’est vraiment des outils qui nous aident dans notre quotidien et qui sont facilement applicables quand on est de retour au travail.

Aimy :

Tu as été chercher ce deuxième cycle-là pour avoir un peu cette expérience terrain d’autres personnes, aussi? De pouvoir assimiler toute cette information là?

Christianne :

Oui.

Aimy :

Et suite à ton deuxième cycle? Christianne :

Suite à mon deuxième cycle, je suis retournée à 100% au travail. Mais je dois dire qu’en étant dans le monde de l’éducation, des fois ça me manque de retourner sur les bancs d’école. C’est quelque chose que je suis à regarder actuellement. Continuer mes études à temps partiel, mais pour continuer justement à aller chercher des outils. On n’a jamais fini de se former, de toute façon. En tant que professionnels des ressources humaines, on fait partie d’un ordre professionnel qui exige aussi qu’on continue la formation continue parce que les lois changent, les règlements changent, la jurisprudence change également, elle évolue dans le temps. Il fait se tenir à jour. Il faut se tenir à jour aussi au niveau des façons de communiquer, des nouvelles tendances, des nouvelles générations. Il faut rester à l’affût de tout ça. L’objectif, pour moi, du service des ressources humaines, c’est de réagir d’avance, d’être capable d’être avant-gardiste sur les différents sujets et les différentes situations qui peuvent nous arriver.

Aimy :

Qu’est-ce que tu dirais qui est ton plus grand défi au quotidien?

Christianne :

Quand on travaille avec des humains, un humain c’est complexe. Ça a son bagage. On ne peut pas toujours se mettre dans la peau de l’autre personne même si on veut.

Aimy :

Ce n’est pas toujours possible.

Christianne : Ce n’est pas toujours possible. Il y a des situations qui viennent personnellement nous toucher, nous atteindre. Les ressources humaines doivent garder leur neutralité, mais en même temps…

Aimy :

On est humains.

Christianne :

On est humains nous aussi puis, on peut avoir, puis on a de l’empathie dans certaines situations qui sont délicates, qui sont… Souvent, on ne sait pas nécessairement toujours comment réagir à l’information qu’on reçoit. On doit même prendre le temps de l’assimiler et de le nommer, c’est correct aussi. C’est sûr que c’est le volet le plus intéressant, mais en même temps le plus difficile.

Aimy :

À l’opposé, qu’est-ce qui est le plus valorisant dans le travail que tu fais au quotidien?

Christianne :

Il y a tellement de choses qui me valorisent parce que j’adore mon métier! Quand on réussit à trouver des solutions qui sont intéressantes pour tout le monde. Que ce soit dans le dossier de santé sécurité, dans le dossier perfectionnement ou même dans un dossier où il y avait un conflit préalablement, ça c’est extraordinaire. C’est tellement le fun de voir qu’on a pu contribuer à une solution positive. Lorsqu’on embauche des gens et que les gens qu’on a embauchés arrivent dans l’organisation et sont impressionnés par le processus qu’on a mis en place pour les accueillir, ils sont heureux de leur équipe de travail et que leur équipe de travail est contente de les avoir, c’est qu’on a fait un bon choix. On a placé la bonne personne à la bonne place. Quand on réalise que notre équipe a pu monter des événements qui reconnaissent les employés, qui rendent les employés heureux, motivés, mobilisés. Il y a des exemples à n’en plus finir de pourquoi j’adore mon métier.

Aimy :

Et tout ça fait que tu y est encore.

Christianne :

Tout à fait.

Aimy :

On discutait avant le début de l’entrevue du fait qu’il doit y avoir plein de monde qui disent : moi ton travail, je ne le ferait pas, c’est tout le temps des gens en chicane. Puis, de ce que tu me dis, maintenant, oui il peut y avoir des conflits qui se ramassent à ton bureau, mais il n’y a vraiment pas que ça.

Christianne :

Pas du tout! On est humains, il peut y en avoir. Mais je ne dirais pas que c’est la majorité de mon travail. Ça faisait partie de l’une de mes petites pointes.

Aimy :

Comment tu dirais, si mettons quelqu’un te disait : moi je suis intéressé par les ressources humaines, mais je n’aime pas quand il y a de la chicane. Comment tu présenterais ton métier à quelqu’un qui aurait cette inquiétude-là, mais qui serait intéressé?

Christianne :

Bien, je lui dirais, la chicane, il peut y en avoir partout. Des fois, ça va être à l’intérieur de ta propre équipe. Des fois, ça va être l’équipe à côté, mais tu les entends, ils sont juste à côté de toi. De nommer qu’on aime pas les chicanes, je pense qu’il n’y a pas beaucoup de monde sur la terre qui aime se chicaner. Notre travail, ce n’est pas de porter un jugement sur qui a tort ou qui a raison. Notre travail, c’est soit de nous-mêmes être capable d’amener les gens à trouver des solutions, de réussir à s’entendre ou de trouver des outils. Des outils, ça peut être des gens extérieurs, neutres, qui vont amener ces personnes-là à pouvoir s’entendre. Les chicanes, souvent, ça peut partir d’un malentendu, d’une mauvaise compréhension, d’une mauvaise communication. Comme je disais, tout le monde arrive avec un bagage. Le bagage peut faire en sorte que la compréhension de ce que l’autre vit peut être teinté par le bagage. Donc, des fois, d’être capable de se rattraper et de dire : non, non, ce n’est pas ce que je voulais dire, je ne voulais pas te blesser, ce que je voulais dire c’est ça, ça, ça, peut faire toute la différence. C’est quand on ne réagit pas rapidement que les chicanes deviennent des problèmes. C’est parce que ça a fait boule de neige et on s’est bâti une frustration.

Aimy :

Plutôt que de juste craindre les situations ou les environnements à conflits, toi tu apportes toute cette nuance-là : il y a du conflit partout, d’abord. Et ensuite, il y a plein de choses qu’on peut faire avec le conflit. C’est pas toujours la guerre.

Christianne :

C’est pas toujours la guerre. Des fois, les solutions sont complexes, c’est vrai. Mais des fois, elles sont simples.

Aimy :

Dans toute cette notion-là, on parlait de quelqu’un qui viendrait te voir et dirait je suis intéressé, bla-bla-bla, qu’est-ce que tu dirais, en général? Qu’est-ce que tu donnerais comme conseil à quelqu’un qui serait intéressé par ton domaine?

Christianne :

Tout d’abord, si la personne, on revient un peu sur la question de crainte de certains volets, il faut savoir qu’en ressources humaines, on peut être généraliste et on peut être spécialiste. C’est sûr que, s’il n’y a qu’un volet des ressources humaines qui nous intéresse, il y a de la place aussi. Puis quand il y a des volets qu’on aime moins, de les nommer déjà, ça nous aide et une fois qu’on les sait, ces volets-là, c’est d’aller chercher la formation ou les outils. C’est d’être mis en situation, des fois, qui fait en sorte, qui fait que ok, je suis capable de m’en sortir de cette façon-là. Quand on nomme les choses, quand on nomme les malaises, ça nous aide et ça calme aussi le jeu auprès de tout le monde. On est tous humains. C’est sûr que si quelqu’un est dans une chaise et que son rôle principal est de faire de la gestion de conflits, alors on va s’attendre à d’autre chose. Mais quelqu’un qui débute sa carrière, qui a son premier cas, quand il le nomme en disant : je vais prendre le temps de vous écouter et après ça, je vais aller voir ce que je peux faire pour vous aider, ça se dit aussi. Donc, ce qu’on va rechercher surtout en ressources humaines, souvent les gens vont y aller parce qu’ils veulent être en relation d’aide, mais ils aiment la diversité aussi que les ressources humaines peuvent offrir. C’est sûr que les gens qui ont une belle intégrité, qui sont droits, respectueux, professionnels, organisés, ils sont humains.

Aimy :

Il y a comme une humilité que tu nommes. C’est comme de l’accepter, pour tout de suite je n’ai pas encore fait ma tête, peut-être que pour tout de suite je ne suis pas encore super à l’aise, pour tout de suite j’ai de l’information à aller chercher et je vous reviens là-dessus, ça fait partie de la game ça aussi.

Christianne :

Tout à fait. De nommer qu’on n’a pas nécessairement réponse à tout immédiatement. C’est juste qu’il faut aller les chercher une fois qu’on a la question, pour prendre en charge les dossiers.

Aimy :

Dans un monde parallèle, si tu avais pu faire n’importe quel métier? Si tous les métiers étaient accessibles, si tous les métiers avaient le même salaire fantastique, si tu avais les notes, les compétences, les forces, l’intérêt pour n’importe quoi, qu’est-ce que tu aurais sélectionné comme autre métier, tu penses?

Christianne :

D’emblée, il y en a deux qui me viennent en tête. Le premier, c’est avocate parce que ce que j’ai découvert dans mon travail quotidien en gestion des ressources humaines, c’est que le droit m’intéresse beaucoup.

Aimy :

Tout l’aspect légal des choses.

Christianne :

Tout l’aspect légal, c’est vraiment intéressant et ce n’est pas toujours noir ou blanc aussi. Il y a beaucoup de zones colorées. Mais, l’autre métier aussi, ça serait être un médecin spécialiste.

Aimy :

Spécialiste en quoi?

Christianne :

En quoi, ça serait difficile… Cardiologie, je trouve ça intéressant. Neurologie, je trouve ça intéressant aussi. C’est ce vouloir d’aider les gens.

Aimy :

Ça, ça reste.

Christianne :

Oui, qui demeure.

Aimy :

Et à l’opposé, qu’est-ce que tu aurais jamais fait?

Christianne :

Bibliothécaire.

Aimy :

Pourquoi?

Christianne :

Je ne suis pas assez tranquille, j’ai besoin que ça bouge, j’ai besoin que ça soit actif, de parler aux gens, d’être près des gens, près des opérations.

Aimy :

Tu aurais l’impression d’être trop dans ta tête?

Christianne :

Exactement. Les journées auraient été beaucoup trop longues.

Aimy :

En sachant que la technologie évolue super vite, en sachant qu’il y a des changements sociaux, des changements politiques, que la vie avance, comment tu verrais ton métier évoluer dans les 10,15,20 prochaines années?

Christianne :

Mon métier ou ma carrière?

Aimy :

On va dire les deux. On va commencer par ton métier.

Christianne :

D’accord. Mon métier va évoluer, je vais te donner un exemple très concret, selon les lois qui se créent, ça va faire en sorte que mon travail va devoir changer. Je vais devoir créer peut-être de nouvelles choses, avec la nouvelle technologie. Avec les nouvelles générations, les nouveaux types de problème musculo-squelettiques qu’on peut voir. Ça, c’est très opérationnel. À un niveau plus stratégique, moi je vois que les conseils des gens qui sont au service des ressources humaines, c’est des gens qui ont des connaissances et des compétences en gestion. On va souvent voir dans les compagnies, des gestionnaires qui sont nommés, ils sont probablement excellents, mais souvent ils sont excellents dans leur discipline, dans leur métier.

Aimy :

Puis, ils sont montés en grade…

Christianne :

Et ils sont montés en grade. D’aller supporter, d’aller outiller, ces gestionnaires-là, je pense que ça va toujours continuer à devenir de plus en plus important. On parle beaucoup de l’international aussi. Il y a toute une autre réalité aux entreprises internationales. Ça aussi, je pense que ça va continuer d’être en développement au cours des prochaines années.

Aimy :

Tous ces volets-là qui pourraient continuer d’avancer. Tu me disais maintenant, pour ta carrière, comment est-ce que tu verrais ça évoluer? Si je fais une petite clarification, l’évolution de ta carrière, bien sûr elle est propre à qui toi tu es, mais est-ce que tu as l’impression que ça pourrait être l’évolution type de quelqu’un en ressources humaines?

Christianne :

Je ne pense pas qu’il y ait une évolution type. Je crois que chacun va se retrouver dans un milieu qui va l’attirer, qui le rend confortable, qui le motive, qui le mobilise.

Aimy :

Probablement, du fait aussi, que c’est une champ tellement vaste, qu’il y a plein de profils?

Christianne :

Complètement.

Aimy :

Donc, le tien, ton profil à toi, comment tu penses qu’il pourrait évoluer dans le temps?

Christianne :

Mon profil à moi, actuellement, je suis à un niveau très opérationnel et j’adore ça. De ne pas avoir un peu d’opérations quotidiennes, ça me manquerait beaucoup trop.

Aimy :

Quand tu dis opérationnel, qu’est-ce que tu veux dire?

Christianne :

Sur le plancher, avec les gens, les problématiques là.

Aimy :

Concrètement.

Christianne :

Concrètes.

Aimy :

Toc-toc à ta porte, voici ce qui se passe.

Christianne :

Et voilà. Directement en contact avec les gens. Par contre, c’est sûr que moi je me projette à un niveau plus stratégique, organisationnel, institutionnel.

Aimy :

Donc, quand on parlait de vision de gestionnaire, on est là-dedans encore, là?

Christianne :

On est là-dedans, mais on est aussi dans le futur de l’organisation s’en va où et comment les ressources humaines peuvent aider à supporter, à mettre en place un cadre qui va permettre d’atteindre l’objectif.

Aimy :

On est dans la mission, dans la vision, on est dans tout ça, la croissance…

Christianne :

Dans la croissance, et voilà.

Aimy :

Donc, ça c’est un peu la vision que tu envisages?

Christianne :

Oui.

Aimy :

Bien, écoute, on te la souhaite.

Christianne :

Merci.

Aimy :

On te la souhaite beaucoup. Merci beaucoup d’avoir participé à l’entrevue.

Christianne :

Merci à toi, ça a été très agréable.

Aimy : Merci à notre invitée et merci à vous d’avoir écouté cet épisode des Portraits professionnels. Pour plus de détails sur cette profession, visitez notre site internet au www.saltoconseil.com.