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BARTENDER

AVEC JEAN-MAXIME GIGUÈRE

Juin 2022 | Musique et montage par Alex Andraos

On discute avec Jean-Maxime Giguère, bartender et propriétaire du 132 - Bar Vintage. Il nous parle de son parcours, des qualités d’un bon bartender et de la réalité du marché post-covid.

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Bartender

AVEC JEAN-MAXIME GIGUÈRE


Aimy :

Bonjour et bienvenue aux portraits professionnels, le balado où on tente de clarifier différentes professions du marché du travail. On discute aujourd’hui avec Jean-Maxime Giguère, bartender et propriétaire du 132 – Bar Vintage. Il nous parle de son parcours, des qualités d’un bon bartender et de la réalité du marché post-covid. Jean-Maxime Giguère, bonjour!

Jean-Maxime :

Salut!

Aimy :

Tu vas bien?

Jean-Maxime :

Ça va bien, toi?

Aimy :

Ça va très bien, merci. Merci d’être avec nous aujourd’hui!

Jean-Maxime :

C’est un plaisir!

Aimy :

On se rencontre pour jaser de ce que tu fais dans la vie. Veux-tu nous dire qu’est-ce que tu fais professionnellement?

Jean-Maxime :

Euh je suis barman propriétaire opérant du 132 Bar Vintage.

Aimy :

Excellent, donc barman, propriétaire opérant. Quand tu te présentes comme ça aux gens qui ne te connaissent pas, qu’est-ce que tu penses qu’ils imaginent que tu fais de tes journées?

Jean-Maxime :

Ah bien on est tout le temps sur le party, c’est ça être un barman non?

Aimy :

J’avais oublié, pardon!

Jean-Maxime :

C’est ça.

Aimy :

Ouais! Qu’est-ce que tu penses qu’ils seraient surpris d’apprendre de ton quotidien?

Jean-Maxime :

Bien quand tu me vois nettoyer les toilettes à l’ouverture…

Aimy :

C’est moins “glamour”.

Jean-Maxime :

Ça fait partie de la game, ce n’est pas très “glamour”.

Aimy :

OK, OK parfait.

Jean-Maxime :

Je ne suis pas juste le barman, je suis le plombier, l’électricien, puis le gars de maintenance.

Aimy :

Puis à la fin de la soirée tu es le papa, puis le thérapeute.

Jean-Maxime :

Exactement!

Aimy :

OK, OK! Ça fait qu’avant de rentrer dans nos clichés là tout de suite, j’aimerais ça t’entendre sur d’abord c’est quoi Le 132 Bar Vintage.

Jean-Maxime :

Bien c’est un bar à cocktails qui est né d’un… J’ai parti le projet sur un coup de tête et puis j’ai commencé des négociations pour le local en 2012. Puis après ça, je dirais, pas longtemps après autour de décembre, le propriétaire à l’époque m’appelle et il me dit : « Jean-Marc, c’est toi qui as le local. ». Donc ça me prend un plan d’affaires!

Aimy :

Hmmm hmm! Est-ce que c’était ta première business?

Jean-Maxime :

C’est la première.

Aimy :

OK! Alors là ça te prend un plan d’affaires.

Jean-Maxime :

Ouais!

Aimy :

Comment tu as fait ça? Comment tu t’es organisé?

Jean-Maxime :

Bien écoute j’ai réussi à trouver des esquisses en faisant des recherches, puis après ça je me suis assis avec des commerçants qui étaient déjà ouverts sur la rue. C’est eux autres qui m’ont donné un coup de main pour tout, la recherche sur le type de clientèle qu’il y avait dans le quartier, la démographie et tout. Puis après ça j’ai parlé avec des gens de la ville aussi qui m’ont aidé vraiment beaucoup! Donc c’est la manière dont je l’ai bâti, mais je n’avais aucune idée de comment faire là. Tu sais… Quand tu n’es pas habitué, tu n’es pas habitué.

Aimy :

Tu as vraiment sauté dans le vide là.

Jean-Maxime :

Ouais!

Aimy :

OK. Donc tu me dis que ça a été un coup de tête, je me suis lancé, j’ai fait ma proposition, j’ai été retenu, j‘ai monté mon plan d’affaires, j’ai ouvert.

Jean-Maxime :

Exact!

Aimy :

Est-ce que tu avais quand même de l’expérience en “bartending” avant ça?

Jean-Maxime :

Oui! J’ai commencé dans le milieu à 18 ans. Je suis rendu à 37, donc ça fait un bon petit bout et puis ouais, j’avais un concept en tête un peu différent parce que j’habitais dans le quartier, puis pour des gens de notre démographie il n’y avait rien, il n’y avait rien à faire dans Ahuntsic. C’était : Tu reçois à souper, tu veux aller prendre un dernier verre avant de quitter, bien… il n’y avait pas d’option. Ça fait que c’est un peu la raison pourquoi je me suis lancé en affaires avec ce projet-là, puis après ça mon but c’était d’offrir un cheers à ma clientèle, donc un deuxième salon où les clients réguliers se connaissent, tout le monde a du fun et puis je pense que depuis 2013 ça va bien.

Aimy :

OK! OK, donc là je suis curieuse d’en entendre un peu sur ton parcours. Alors si je recule en arrière et que j’avais vu Jean-Maxime au secondaire, j’aurais vu quel type d’élève?

Jean-Maxime :

Ah, quelqu’un qui détestait l’école. Tu sais moi j’étais… mes deux matières les plus fortes c’était l’histoire et l’anglais. Le reste, tu me perdais. Je n’avais aucun fun à être à l’école, puis même à un point tel que j’ai arrêté d’y aller. J’ai fini mon secondaire 5 aux adultes, puis après ça j’ai fait : « Je ne sais pas où je m’en vais. ». Donc j’ai plié bagages, je suis déménagé dans l’ouest canadien. Je suis resté là pendant un an. C’est là que j’ai commencé à travailler dans les bars puis je n’ai jamais arrêté après.

Aimy :

OK! Alors quand tu es parti dans l’ouest, c’était quoi ton plan de match?

Jean-Maxime :

Ah, aucune idée!

Aimy :

Je m’en vais tripper!

Jean-Maxime :

That’s it! Je pars un an, il arrivera ce qui arrivera.

Aimy :

Donc tu fais ton année dans l’ouest, tu touches au monde des bars pour la première fois. Tu commences un peu, t’apprends un peu les rouages de la patente. Tu reviens à Montréal après?

Jean-Maxime :

À l’époque je m’étais fait une copine qui était Australienne donc on est revenus à Montréal puis après ça, à peu près un an et demi plus tard on a quitté pour l’Australie, mais pendant ce temps-là il n’y avait pas vraiment de travail dans le milieu des bars à Montréal. Tu sais la vieille époque c’était, désolé de dire ça comme ça, mais c’était un peu le “douchebag” qui était hyper musclé qui avait… Il y avait juste des nights clubs, il n’y avait aucun bar à cocktails. Donc tu sais je ne savais pas trop vers quoi m’enligner.

Aimy :

Parce que cette “vibe” là ça ne te ressemblait pas là.

Jean-Maxime :

Non, ça ne me parle pas du tout. Ça fait que je suis quand même allé porter des CV, tout le kit, mais finalement, j’ai comme bifurqué. J’ai travaillé dans un golf. Ça, ça a été super cool! Puis après ça bien quand ça a été le temps de partir, bien on a plié bagages, puis on part!

Aimy :

OK, alors là tu es parti et tu es revenu… Là tu es arrivé en Australie tu as fait ça, puis là ça a été comment là-bas?

Jean-Maxime :

Ça a été super cool, par contre notre couple n’a pas survécu, donc six mois après avoir déménagé complètement, moi j’étais de facto conjoint de fait, donc j’avais accès à avoir ma citoyenneté australienne, le but c’était qu’on fasse ça. Finalement le couple s’est arrêté donc on replie bagages, on revient à Montréal! Puis après, c’est là que j’ai fait mon cours de bar, ça c’était en 2006, après ça j’ai quitté pour le Club MED comme bartender puis là la carrière n’a jamais arrêtée.

Aimy :

OK! Est-ce que tu dirais que le Club MED a été comme un déclencheur ou formateur?

Jean-Maxime :

Le Club MED a été là pour me faire comprendre que c’était ma voix!

Aimy :

Hmmm OK! C’est là que tu t’es dit « OK là ce n’est plus juste un “side-gig”, c’est ça que je fais! ».

Jean-Maxime :

Non, c’est là que j’ai compris c’était quoi l’hospitalité et depuis ce temps-là je n’ai jamais regardé en arrière.

Aimy :

OK, excellent! Donc tu me racontes que tu as fait l’école de bar.

Jean-Maxime :

Ouais!

Aimy :

J’ai entendu plein d’affaires différentes hein, puis tout le monde a son opinion. Puis là un vrai bartender ça apprend ça tout seul! On ne va pas à l’école! Puis d’autres qui me disent : « Bien non, il y a plein d’affaires à apprendre, va-t’en à l’école! ». Toi qu’est-ce que tu en penses?

Jean-Maxime :

Tes bases tu dois les connaître. Tu sais, honnêtement si tu viens appliquer chez moi puis que tu n’as pas de base, bien tu n’as pas de job! C’est aussi simple que ça. Tu sais, je peux comprendre que des gens se disent « OK bien je regarde des vidéos Youtube », mais ta manière de travailler, tes outils, tu sais c’est rendu poussé maintenant! Donc ton outillage, ton “knowledge”, ça s’apprend à l’école. La base du moins. Après ça, nous on peut s’occuper de toi, on va te prendre sous notre aile puis on va te former, mais il faut que tu ailles ta base.

Aimy :

Puis quand tu dis « Il faut que tu ailles ta base », admettons là que je n’ai jamais été dans un bar, je n’ai aucune idée de quoi tu me parles. Qu’est-ce que tu mettrais comme “skills” ou comme connaissances à avoir dans cette base-là du bartender?

Jean-Maxime :

Bien c’est surtout de comprendre tes classiques puis de les connaitre, après ça c’est de comprendre ton outillage et comment tu travailles avec certains outils. Pourquoi tu le fais? Tu sais pourquoi est-ce que tu “stores” un cocktail au lieu de le “shaker”?

Aimy :

Il y a une science quand même derrière ça là!

Jean-Maxime :

Il y a une science derrière ça! Tu sais c’est pareil comme quand tu te pars un restaurant. Tu n’es pas chef, bien les trois quarts du temps tu vas te planter, mais solide à l’intérieur de six mois. Bien c’est la même chose, il ne faut pas que tu brûles les étapes. Tu sais, tu ne peux pas être “insta-famous” là, ça ne marche pas comme ça. Tu dois commencer à la base, puis souvent tu ne commenceras jamais comme bartender en premier. Tu vas commencer comme bossboy, après ça tu vas être promu barback, après tu vas être promu serveur, bartender junior, après bartender senior, manager.

Aimy :

Hmmm donc il y a comme cette progression-là dans la carrière là aussi.

Jean-Maxime :

Oui effectivement.

Aimy :

Ces étapes-là pour toi sont nécessaires pour aller chercher cette qualité-là de service là.

Jean-Maxime :

Bien c’est parce que tu arrives à un point aussi où tu sais, la sélection naturelle se fait à travers toutes ces étapes-là, tu sais, si tu commences bartender puis que tu vois juste le “fame”, tu penses que c’est juste ça… Ce n’est pas juste ça! Tu dois connaître les étapes parce qu’à chaque étape que tu passes dans notre carrière, tu apprends des nouvelles choses, puis tu concrétises des apprentissages que tu n’aurais pas nécessairement eus si tu avais sauté toutes les étapes. Tu sais ta vision 360 d’un service, de ta salle, ça, ça ne s’apprend pas. Ça doit être… C’est formé avec le temps.

Aimy :

C’est la base d’expérience!

Jean-Maxime :

Exactement.

Aimy :

OK, donc il y a comme un temps qui doit se faire, à pratiquer, à essayer, à le vivre.

Jean-Maxime :

Puis tu connais, tu apprends ça vite quand tu es bossboy. Tes verres d’eau sont comment? Tes verres sont vides? Parfait! C’est vite vite vite là. Tu dois être capable de sizer ta salle vite sinon tu perds le contrôle.

Aimy :

C’est vraiment intéressant comment tu décris ça, c’est quasiment comme si tu me parlais d’une job presque d’artisanat. Tu sais, il y a du… Tu forges, là. Tu apprends, tu le fais, tu le fais, mais “fast paste” parce que… Dépêche-toi parce que c’est maintenant là.

Jean-Maxime :

Oui!

Aimy :

OK, c’est super intéressant. Si tu me décrivais, admettons, ton quotidien. Alors c’est sûr que tu portes deux chapeaux, hein? Tu es un entrepreneur et tu es un bartender. Je t’appelle bartender, ce n’est pas ça le mot que tu as utilisé, tu as dit que tu es un barman, hein?

Jean-Maxime :

Bartender. Bartender, tu sais pour moi il n’y a pas de barmaid, barman, c’est bartender.

Aimy :

Donc c’est un terme non genré là.

Jean-Maxime :

C’est ça.

Aimy :

Donc, je disais, tu as tes deux chapeaux d’entrepreneur puis de bartender. Si tu me décrivais une journée classique dans ton travail, ça pourrait ressembler à quoi? À quelle heure tu arrives au bar admettons?

Jean-Maxime :

Normalement j’essaie d’être là vers 14h. Ça c’est tout dépendamment de si j’ai des commissions à faire pour le bar avant, mais normalement 2 heures est comme mon “cue”, on commence la journée, mais avant ça je travaillais de la maison. J’ai un “remote office” donc j’arrive à un point où je gère ma journée, puis là quand on commence à 14h, c’est le ménage, après ça c’est la prep, après ça on commence le chiffre, le bar ouvre à 16h, puis ça roule jusqu’à 2 heures du matin.

Aimy :

Parce qu’on a comme cette vision de genre : Ce gars qui est bien habillé, qui est derrière son bar, qui “shake” des affaires, puis qui s’en va porter des verres, whatever… mais tu me dis : OK bien, j’arrive à deux heures, je nettoie, je fais de la prep. Ça ressemble à quoi ça admettons de la prep?

Jean-Maxime :

Bien nos jus sont fraîchement pressés, donc tu sais on a des olives à “gager”, on a plein de trucs à faire, que ce soit de faire un inventaire vite vite pour si jamais il y a des choses dernière minute que j’ai besoin d’aller chercher à la petite boutique à côté, bien tu ne fais pas ça quand tu es ouvert, mais pour ce faire, il faut que ton “open” soit fait, donc le balais, la moppe, “name it”, tout est fait avant l’ouverture.

Aimy :

Ouais, tu comparais avec les restaurants, c’est vraiment ça là. J’ai du stock à aller chercher pour que mon monde arrive puis que tout soit près là.

Jean-Maxime :

Oui, on travaille avec du “fresh produced” là, donc tu sais, tu ne peux pas manquer de lime dans une soirée.

Aimy :

Impossible!

Jean-Maxime :

Non. Tu ne peux pas te ramasser en plein rush à presser là, ça fait qu’il faut que tout soit prêt avant.

Aimy :

OK, ça fait que tu arrives, tu nettoies, tu prep… À quelle heure le bar ouvre genre?

Jean-Maxime :

À quatre heures.

Aimy :

OK, ça fait que tu as comme un deux heures où est-ce que tu rush toutes tes affaires qui vont planifier toute la soirée.

Jean-Maxime :

Exactement.

Aimy :

Puis là une fois que tes clients vont arriver, c’est quoi tes tâches?

Jean-Maxime :

Après ça, bien maintenant c’est de pouvoir zapper ton passeport vaccinal! Ce qui n’était pas le cas avant. Donc on commence comme ça. Après ça c’est le verre d’eau avec ton menu, qui est un menu avec un code QR, après c’est la prise de commande, puis on part le bal! Puis là c’est un après l’autre.

Aimy :

Puis là tu me disais, ta vision trois soixante de la pièce, ça ressemble à quoi ça?

Jean-Maxime :

Bien c’est de regarder le niveau de consommation des clients, t’assurer qu’ils sont toujours abreuvés, que ce soit de l’eau ou un cocktail, ou un verre de vin ou une bière. Après ça bien, telle table a besoin de ça, telle commande est à faire, telle personne a besoin de payer, telle chose est à faire, il faut que tu changes le papier brun dans les toilettes, name it! Tu as un rack de vaisselle qu’il faut qu’il soit fait, donc c’est ça une vision trois soixante!

Aimy :

C’est que tu es tout le temps en train de jongler là, tu as tout le temps une dizaine de balles dans les airs.

Jean-Maxime :

Tout le temps, tout le temps. Si tu ne fais pas ça tu perds le contrôle de ta salle.

Aimy :

Puis ça, ça donne…

Jean-Maxime :

Ça, ça donne… Bien de un, tu perds de l’argent. De deux, tes clients on une mauvaise expérience. Tu sais quand tu sors dans un bar ou dans un restaurant, tu es là pour une expérience. Ça fait que tu dois faire ça.

Aimy :

Ce n’est pas juste un cocktail que tu lui sers là.

Jean-Maxime :

Non!

Aimy :

Tu sers ça aussi là : Un good time!

Jean-Maxime :

C’est un service!

Aimy :

Ouais, ouais OK. Du côté plus entreprenariat, qu’est-ce que tu dirais qu’on peut retrouver dans tes tâches actuelles?

Jean-Maxime :

Ah bien c’est, le côté entrepreneurial, c’est de s’assurer que le business fonctionne bien, que les comptes soient payés, que mes frigos soient pleins, que, que… c’est vraiment faire les paies, meeting avec les comptables, m’assurer que tout est correct, qu’on est dans la bonne direction. Puis d’une certaine manière être un banquier, parce qu’il faut que tu t’occupes de tes affaires puis tu t’assures que tout est “tight”.

Aimy :

Hmm mmm! Si je te demandais qu’est-ce que ça prend à ton avis pour être un bon bartender?

Jean-Maxime :

Tu dois aimer l’hospitalité. Tu n’es pas juste en train de faire des cocktails.

Aimy :

Tu es un hôte.

Jean-Maxime :

Tu es là, tu reçois les gens et si tu ne comprends pas c’est quoi, que tu sois le meilleur bartender “slash” mixologue au monde, mais tu n’as pas cette capacité-là de pouvoir avoir un entregent, de pouvoir offrir une expérience, tu es fait. Ce n’est pas ta place. Fais-toi un bar dans ton sous-sol, puis reçois tes amis, mais le reste… tu es là pour les gens, c’est grâce à eux que tu as un travail.

Aimy :

Donc c’est comme si cette partie, tu sais, quasiment comme si les gens venaient chez vous, puis que tu les recevais, cette chaleur-là, bien il y a comme une gratitude hein? Tu viens justement chez nous! Tu m’offres ton temps, ton argent. Tu aurais pu aller vivre l’expérience n’importe où ailleurs. Je te le remets en t’offrant un bon service.

Jean-Maxime :

Effectivement!

Aimy :

OK, OK. Qu’est-ce que tu dirais que ça prend pour être un bon entrepreneur?

Jean-Maxime :

Des couilles! D’assumer que c’est normal d’avoir peur, mais que ça ne te définit pas.

Aimy :

Alors je ne suis pas ce que je ressens!

Jean-Maxime :

Il faut que tu sois un fonceur.

Aimy :

Ouais OK! Puis qu’est-ce que tu dirais qui est le plus grand défi dans ton domaine?

Jean-Maxime :

Bien présentement c’est le manque de staff. La pandémie nous a vraiment foutu une bonne claque aussi, ça fait que c’est quand même, c’est rendu très difficile de porter un établissement à bout de bras.

Aimy :

Parce que quand on manque de staff et qu’on est entrepreneur on le fait tout seul là.

Jean-Maxime :

Tu travailles!

Aimy :

Donc là de trouver des gens… difficile! Qu’est-ce que tu dirais qui est un challenge dans tes tâches quotidiennes?

Jean-Maxime :

C’est de jongler avec les heures de sommeil et de travail.

Aimy :

Parce que c’est vrai que tu sais, admettons quand je pense à ma clientèle, il y a des gens qui vont dire : « Je suis super intéressé par ce domaine-là, je suis fasciné, ça a l’air vraiment cool, mais je travaille quand les gens fêtent! Quand est-ce que je vais voir ma famille, quand est-ce que je vais voir mes amis? ». C’est comment pour toi de jongler avec ces réalités de vie-là?

Jean-Maxime :

Bien c’est la raison pourquoi j’ai fermé dimanche – lundi, parce que je m’en allais dans un mur à 100 milles à l’heure si je continuais à être ouvert sept jours sur sept. Puis je ne veux plus avoir cette pression-là de toujours être ouvert puis de ne jamais voir mon monde.

Aimy :

C’est un peu toi qui mets le “setting” là, c’est toi qui décides c’est quoi les règles de ton jeu à toi!

Jean-Maxime :

Exact!

Aimy :

Puis de là, il y a comme une notion un peu de “self care”, hein? Si je veux que ça aille bien au travail faut que j’aille bien aussi.

Jean-Maxime :

Exactement!

Aimy :

Puis ça ressemble à quoi pour toi cette notion-là de balancer ta vie personnelle et ta vie professionnelle?

Jean-Maxime :

Bien moi dimanche – lundi, je ne… je me tiens loin de tout ce qui est restaurants et bars. C’est mon temps de qualité, mon temps de qualité c’est la lecture, c’est de pouvoir prendre des longues marches, de sortir de la ville, c’est ça. Ça c’est du “self care” pour moi.

Aimy :

OK! En début début d’entrevue, tu me disais « Ah ouais bien les clichés, tu sais les gens ils pensent qu’on est tout le temps sur le party, ils pensent que c’est juste faire la fête nous-mêmes. ». C’est sûr qu’on a tous vu pas des bartenders qui dérapent, mais des situations weird là dans des bars. As-tu des anecdotes ou des épisodes drôles que tu serais à l’aise de nous raconter?

Jean-Maxime :

Ah écoute euh…

Aimy :

Tu as une face de « Je ne sais pas quoi choisir ».

Jean-Maxime :

Il y en a tellement, puis chaque soirée comporte son lot de choses inattendues, donc je ne pourrais pas mettre la main sur une autre en particulier parce que chaque fois il y a des nouvelles affaires qui se passent. Alors tu sais oui je peux t’en raconter un million, mais la plus drôle je ne peux pas mettre le doigt dessus.

Aimy :

Ouais, dans le fond c’est qu’on est dans un contexte où les gens sont peut-être plus relaxes, moins inhibés, ils ont bu de l’alcool, puis là il y a des affaires funky qui pourraient se passer qui ne se passeraient pas nécessairement dans la rue habituellement.

Jean-Maxime :

Effectivement.

Aimy :

OK, OK, parfait! Est-ce que ça peut être complexe un peu pour toi, la… un peu… c’est peut-être mal dit, mais la gestion du client? Tu sais de voir bien, « OK, bien peut-être je ne vais pas te servir un prochain verre », tu sais… « Peut-être que ça suffit pour toi ». Ça, est-ce que ça fait partie de ta réflexion quand tu observes ta salle?

Jean-Maxime :

Ça, ça fait partie d’une expérience, justement. Moi je ne suis pas là pour que tu me détestes le lendemain parce que tu es trop “hangover” ou que tu ne te souviens plus de ta soirée. Tu sais un “smart serve”, c’est : Tu dois comprendre que l’alcool ça t’intoxique! “Until what level?”. Notre travail c’est justement que tu aies une belle soirée puis qu’on ne te rende pas malade là! Ce n’est pas le but. Si tu sors pour te défoncer comme ça, bien chez nous ce n’est pas la bonne place.

Aimy :

Hmm mmm! Donc il y a comme encore cet équilibre-là qui revient. C’est comme du plaisir, mais tu sais, la modération.

Jean-Maxime :

Effectivement!

Aimy :

Alright! Comment est-ce que tu penses que ton métier va évoluer dans les 10, 15, 20 prochaines années?

Jean-Maxime :

Présentement c’est difficile à voir parce que malheureusement il y a eu un exode de métier dû à la Covid, ça fait que je ne pourrais même pas dire là ça va être quoi dans cinq ans!

Aimy :

On est comme dans une période charnière hein?

Jean-Maxime :

On est dans une période très charnière! Que ce soit pour… pour le métier d’hospitalité là, que ce soit restauration, bar, name it, c’est très problématique présentement. On ne sait pas où on s’en va!

Aimy :

On est un peu dans un flou là.

Jean-Maxime :

Exact!

Aimy :

Puis si admettons quelqu’un était à l’opposé : Intéressé par ton domaine, puis qu’il voudrait s’en rapprocher. Qu’est-ce que tu lui donnerais comme conseils de choses qu’il pourrait faire dès maintenant?

Jean-Maxime :

Commence par faire ton cours, vois si tu aimes ça, parce que c’est la première partie. Une fois que tu as fait ton cours, après ça bien pose des questions à des bartenders! Implique-toi dans le milieu, va dans les événements, vois comment ça se passe! Puis tu vas peut-être rencontrer la perle rare qui va te dire « Hey, je te prends sous mon aile! ».

Aimy :

Ça fait qu’il y a comme vraiment… Il y a une culture de mentorat un peu hein?

Jean-Maxime :

Oui, oui.

Aimy :

Comme toi quand tu penses à ton parcours, tu peux te rappeler de bartenders qui t’ont dit : « Ah Jean-Marc c’est comme ça, fais attention à ceci, fais attention à cela! ».

Jean-Maxime :

Oui, j’ai des gens qui ont grandement changé et amélioré ma carrière là!

Aimy :

OK pour terminer je te poserais quelques questions en rafale. On y va en speed puis j’aimerais ça que tu me répondes admettons en un ou deux mots.

Jean-Maxime :

Vas-y, parfait!

Aimy :

Alright, alors : Un, le travail c’est…?

Jean-Maxime :

Gratifiant!

Aimy :

L’école c’est…?

Jean-Maxime :

Chiant!

Aimy :

La carrière, c’est…?

Jean-Maxime :

C’est ma vie!

Aimy :

La conciliation travail-vie, c’est…?

Jean-Maxime :

Simple.

Aimy :

Qu’est-ce qui te motive à sortir du lit chaque matin?

Jean-Maxime :

Le sourire.

Aimy :

Être un adulte, c’est…?

Jean-Maxime :

Avancer.

Aimy :

Quel conseil tu donnerais au Jean-Maxime qui avait vingt ans?

Jean-Maxime :

Hold on it’s a sweet f*cking ride!

Aimy :

Merci Jean-Max, ça a été vraiment cool!

Jean-Maxime :

Ça a été un plaisir!

Aimy :

Salut!

Jean-Maxime :

Salut!

Aimy :

Merci à notre invité et merci à vous d’avoir écouté cet épisode des portraits professionnels. Pour plus de détails sur cette profession, visitez notre site Internet au www.saltoconseil.com.