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L'Épuisement professionnel

L’épuisement professionnel : une problématique individuelle et organisationnelle

L’épuisement professionnel, aussi appelé burnout, est un problème qui affecte les individus, les organisations et la société. Un récent sondage de la firme Léger, réalisé en avril 2019 auprès de 1444 Canadiens, nous apprenait que 57% de la population active a déjà vécu au moins un épisode d’épuisement professionnel. Et il est fort à parier que cette statistique est aussi haute, sinon plus, depuis le début de la pandémie. 

Lorsqu’on pense à l’épuisement professionnel, il est malheureusement facile de le considérer uniquement au niveau individuel. Plusieurs croient ainsi qu’il est de la responsabilité de l’employé de prendre soin de lui afin de pouvoir revenir au travail. Pourtant, même si l’épuisement professionnel a définitivement une dimension individuelle, l’aspect organisationnel n’est pas à négliger. 

Le burnout : l’aspect biologique, ou le cycle du stress

L’épuisement professionnel peut être causé par toute une série de facteurs. Celui qui nous intéresse dans le cadre de ce paragraphe est l’aspect biologique. Plus précisément, nous souhaitons aborder le cycle du stress, tel que discuté dans le podcast de Brené Brown, Unlocking Us. Dans l’épisode en question, Brené Brown accueille Amelia et Emily Nagoski, autrices du livre Burnout. Dans ce livre, les sœurs Nagoski abordent notamment le concept de cycle du stress et comment celui-ci est relié à l’épuisement professionnel. Dans les cas de burnout, le stress est souvent un des principaux facteurs en cause. Ce que le podcast nous apprend, c’est qu’il est possible de limiter les conséquences du stress en complétant le cycle émotionnel de ce sentiment. 

Commençons par expliquer ce qu’est le cycle du stress. Lorsque nous vivons une émotion, il y a toujours un début, un milieu et une fin. Par exemple, imaginez que vous êtes poursuivi par un animal sauvage, vous vivez de la peur et vous courez pour sauver votre vie. Finalement, quelqu’un ouvre sa porte et vous fait rentrer à l’intérieur afin de vous sauver. Immédiatement, vous sentez du soulagement et la joie d’être encore en vie. Le cycle est complété et vous pouvez dorénavant continuer vos autres activités. Ce qu’on comprend de cet exemple, c’est que pour bien vivre l’émotion, il est important de compléter ce cycle. Dans le cas du stress, il est parfois difficile de se sortir de ce cycle, et c’est notamment pour cette raison que les gens finissent par ressentir de l’épuisement professionnel lorsque les facteurs de stress sont liés à leur emploi.

Comment sortir du cycle du stress

Avant de commencer nos explications, il est important de comprendre que le stress ne disparaît pas magiquement lorsqu’on enlève les facteurs qui le causent, d’où l’importance de bien compléter le cycle du stress. 

Selon les autrices du livre Burnout, trois raisons expliquent pourquoi les gens restent pris dans le cycle du stress. La première : le stress chronique. Lorsqu’une personne vit du stress, elle a à sa disposition quelques ressources afin de l’évacuer. Toutefois, le stress devient chronique lorsque son intensité dépasse la capacité de la personne de l’évacuer. Par exemple, lorsque notre boîte courriel est continuellement en train de se remplir sans qu’on n’arrive à répondre à tous les messages… Dans ce cas de figure, le stress s’accumule et il devient alors difficile de sortir du cycle. De plus, dans plusieurs métiers, le travail ne nous quitte jamais réellement puisque nous recevons nos courriels sur nos cellulaires. Cela contribue à renforcer un certain état de stress permanent.  

La deuxième raison est les attentes sociales. Lorsque nous vivons du stress au travail ou dans un lieu public, il est généralement socialement attendu de nous que nous gérions adéquatement nos émotions. La plupart du temps, cela implique de les refouler ce qui, inévitablement, fait en sorte de prolonger le cycle du stress.

La troisième raison est le sentiment de sécurité. Bien souvent, nous nous trouvons dans des situations professionnelles où nous ne nous sentons pas en sécurité d’exprimer notre stress. Cela a aussi un lien avec la deuxième raison, soit les attentes sociales. Comme il est généralement attendu que nous refoulions notre stress, il est difficile de se sentir en confiance, en sécurité de l’exprimer, à moins d’avoir un collègue de qui vous êtes proche.

Alors, comment compléter et se sortir du cycle du stress? Les autrices recommandent plusieurs actions afin de gérer sainement le stress. Selon elles, la plus efficace est l’activité physique. Prendre une marche par jour pour s’aérer l’esprit est effectivement une très bonne idée! Elles recommandent aussi de pratiquer la respiration en pleine conscience, d’avoir des interactions sociales enrichissantes, de rire, de pleurer et de créer. De manière plus générale, elles recommandent surtout de prendre soin de soi et d’être à l’écoute de nos besoins. Cela peut sembler simple, mais nous perdons souvent de vue l’importance de s’écouter. 

Le burnout : l’aspect organisationnel

Maintenant que nous avons regardé l’aspect individuel et émotionnel de l’épuisement professionnel, il est intéressant de s’attarder à l’aspect organisationnel. Cet aspect est en lien avec les organisations et comment celles-ci peuvent adopter des gestes et comportements qui réduisent le risque d’épuisement professionnel chez les employés. En effet, il est faux de dire que le burnout n’est qu’un problème individuel alors que les organisations ont définitivement une certaine part de responsabilité.  

La responsabilité de l’organisation se trouve majoritairement dans la culture que celle-ci entretient avec ses employés. Une culture de performance conjuguée à un mauvais système de support a nécessairement des conséquences sur les employés.

Quels gestes peuvent être posés par les organisations?

Il est alors pertinent de se demander ce que les organisations peuvent faire pour limiter l’épuisement professionnel chez leurs employés. Un des modèles proposés dans le podcast d’Adam Grant est celui de « demande, contrôle et support ». L’ensemble du modèle est assez simple à réaliser, mais demande un engagement de la part de l’organisation. La partie « demande » consiste à réduire la demande liée à l’emploi. Évidemment, tout ne peut pas être réduit, mais il est pertinent de réfléchir aux différentes tâches d’un emploi et cibler lesquelles peuvent être supprimées ou améliorées. Par exemple, si un emploi a une haute charge administrative, il pourrait être intéressant de voir si certains logiciels peuvent aider à réduire l’ampleur de cette tâche.

Pour le « contrôle », il s’agit d’offrir plus de contrôle aux employés sur différents aspects de leur emploi. En leur offrant ce contrôle, cela leur permet de sentir qu’ils ont un impact sur leur emploi et leur quotidien, ce qui est très bon pour le moral. Par exemple, les employés pourraient avoir une certaine flexibilité sur leurs heures de travail. 

Pour la partie « support », il s’agit, en tant qu’organisation, d’offrir un réseau d’entraide et de support pour les employés. Cela peut consister en plusieurs choses, comme un meilleur accès à des services de psychothérapie ou favoriser le développement de liens entre collègues. Ce type de support, bien qu’informel, peut parfois faire toute la différence. 

Comme nous avons pu le constater dans ce texte, l’épuisement professionnel est causé par une vaste série de facteurs tant individuels qu’organisationnels. C’est pour cette raison que les solutions pour réduire ce problème doivent aussi se trouver tant chez l’individu que chez les organisations.   

Bien que des services en psychothérapie soient souvent de mise en situation d’épuisement professionnel, les compétences d’un conseiller en orientation peuvent aussi vous être utiles pour cibler certains aspects auxquels faire attention dans le cadre de votre emploi. 

N’hésitez pas à nous contacter pour en apprendre plus sur nos services. C’est avec plaisir que l’équipe de Salto Conseil vous accompagnera. 

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