CONSEILLER MUNICIPAL

AVEC GABRIEL MICHAUD

Juillet 2019 | Musique et montage par Alex Andraos

Gabriel Michaud est conseiller municipal à la Ville de Mascouche. Il nous explique que, pour lui, œuvrer en politique n’est pas nécessairement synonyme d’être un politicien. Dans cet épisode, il nous décrit son approche, son parcours et son quotidien dans son rôle de représentant des citoyens.

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CONSEILLER MUNICIPAL

AVEC GABRIEL MICHAUD

Aimy :

Bonjour et bienvenue aux Portraits professionnels, le balado où l’on tente de clarifier différentes professions du marché du travail. Gabriel Michaud est conseiller municipal à la Ville de Mascouche. Il nous explique que, pour lui, œuvrer en politique n’est pas nécessairement synonyme d’être un politicien. Dans cet épisode, il nous décrit son approche, son parcours et son quotidien dans son rôle de représentant des citoyens. Gabriel Michaud, bonjour.

Gabriel :

Bonjour.

Aimy :

Ça va bien?

Gabriel :

Ça va bien, et toi?

Aimy :

Ça va bien, merci. Alors, on te rencontre aujourd’hui pour discuter de ton métier. Veux-tu nous dire ce que tu fais?

Gabriel :

En fait, je suis conseiller municipal à la Ville de Mascouche depuis maintenant 5 ans.

Aimy :

Conseiller municipal. Donc, est-ce que tu dirais que tu es un politicien?

Gabriel :

Sur papier oui, mais dans les faits, je ne me retrouve pas dans ce mot de politicien parce que je me trouve plus comme un représentant des citoyens. On est tellement proches, on a une proximité forte alors le mot politicien, je l’attribue plus à d’autres paliers qu’on voit à la télévision.

Aimy :

Comme quoi?

Gabriel :

En fait, on ne marche pas vraiment avec une ligne de parti, nous. Oui, on a un programme, mais on marche beaucoup sur les discussions. Quand on fait des projets, on est toujours entourés de citoyens et après, on ramène ça pour arriver à du concret dans nos projets. Tandis que, moi, le politicien que je regarde aller, c’est vraiment plus une façon d’être, de dire on joue aux échecs avec le parti qui est en face pour arriver à nos fins. Là, je suis chanceux, il n’y a pas d’opposition, mais qu’il y aurait une opposition ou non, ce serait : Viens avec moi et on va le faire ensemble, le projet.

Aimy :

C’est comme si un politicien, c’est un nom, c’est une figure de proue. Un jour, il va avoir son nom sur une rue. Toi, c’est vraiment plus qu’est-ce que mes citoyens me demandent, c’est quoi les besoins et je vais essayer de répondre à ça.

Gabriel :

Oui. J’ai quand même une vision parce que, quand on se présente, il faut l’établir cette vision-là. Mais, effectivement, c’était bien énuméré et nous, en fait, mon travail premier c’est de les représenter. Je le fais parce que j’aime ma ville parce que, si je n’avais pas un amour fort pour Mascouche, je ne l’aurais pas fait ce travail-là et on n’en parlerait pas aujourd’hui.

Aimy :

Si, justement, tu me le décrivais un peu, ce travail-là? Avant de venir te rencontrer, j’en parlais un peu autour de moi : j’enregistre le podcast avec un gars qui fait de la politique. Et les gens : Qu’est-ce qu’il va te raconter? Ils font rien, les politiciens. Il y a un peu cette image ternie, du nom de la politique, ce cynisme qu’on entend de nos jours. Si je te demandais vraiment, concrètement là, un random jeudi matin, tu te réveilles, de quoi elle a l’air, ta journée?

Gabriel :

J’ai une réalité où est-ce que plusieurs journées ne se ressemblent pas, mais je peux le dire, en gros, de ce que ça va avoir l’air. Le matin, ma priorité numéro 1, qui est vraiment importante, c’est de répondre aux citoyens. Ce n’est pas tant moi qui va régler le problème, mais c’est d’aider au niveau des requêtes, il peut y avoir des problématiques. Maintenant, ça se passe beaucoup par courriel et c’est de faire des suivis. Un fonctionnaire va me dire : je vais te répondre la semaine suivante, alors je me mets un pop-up pour garder ça, juste pour s’assurer de faire un bon service parce que ça, c’est mon travail premier. Ce n’est pas lui qui me prend le plus de temps, cependant. Maintenant, vu que les villes sont grosses, on se retrouve avec des responsabilités comme élu. Moi, je suis le seul qui est à temps plein et on a beaucoup de rencontres par jour sur divers dossiers que je pourrais étaler durant des heures.

Aimy :

Simplement, si tu me disais grosso modo, ça peut être quoi les dossiers?

Gabriel :

Comme moi, je travaille beaucoup sur les dossiers en lien avec l’environnement, le loisir municipal, les projets, le développement économique et touristique. J’en fais avec la ville, mais je suis aussi membre de la MRC, je suis président du développement économique et touristique, de la Régie de l’assainissement des eaux aussi, avec Terrebonne, Mascouche. Ça fait qu’à tous les jours, j’ai une moyenne de trois rencontres, à peu près, sur un dossier en particulier. C’est le fun parce que je peux passer à parler d’eaux usées à création du Domaine seigneurial, qui est un pôle assez incroyable à Mascouche.

Aimy :

Quand tu dis, j’ai des réunions, j’ai des rencontres, ça ressemble à quoi, une rencontre, en politique?

Gabriel :

En fait, ce que ça ressemble, c’est beaucoup la pré-rencontre. C’est un peu comme quand quelqu’un va à l’université, tu as trois heures de cours, mais il faut que tu te dises que tu as un trois heures de travail avant. C’est un peu ça. C’est beaucoup de documentation qu’on reçoit et qu’on doit lire. Moi, mon travail, quand je m’assois avec eux, parce qu’eux, ils sont plusieurs et on ne l’est pas, on ne veut pas faire d’ingérence. Moi, je suis administrateur et eux sont gestionnaires et mon travail en rencontre, c’est de s’assurer que notre vision, notre orientation, suis le cours. Parce que le directeur, sur les équipes de direction où est-ce que je travaille, si on ne se concerte pas, il peut partir dans le champ gauche alors que je voulais le champ droit, on va payer pendant trois mois et on va arriver au final en disant : Ce n’est pas ça qu’on veut. On aime mieux se rencontrer de façon hebdomadaire ou mensuelle.

Aimy :

Pour suivre le cours de choses.

Gabriel :

Exactement.

Aimy :

Si, mettons, on prenait un exemple concret. Tu as parlé d’eaux usées. Nomme-moi une problématique, une thématique sur laquelle vous pourriez travailler par rapport aux eaux usées.

Gabriel :

L’eau usée, ce n’est vraiment pas un sujet qui est chic à parler, mais il est bien important parce que qu’une ville comme Mascouche, une couronne nord de Montréal, il y a encore du développement, même si on en fait moins, au préalable. Mais, pour faire du développement, ça prend un certificat du Ministère de l’Environnement, qu’on appelle un CA-22 et il faut vérifier toujours la capacité de venir prendre les eaux usées pour qu’il n’y ait pas de déversement dans nos rivières.

Aimy :

Quand tu dis un développement, là, c’est je veux construire quelque chose?

Gabriel :

Oui.

Aimy :

Mettons que je veux construire une tour à condo, avant même de commencer à mettre une pelle dans la terre, il faut penser à ici, est-ce que c’est possible de recueillir tout ce que ça va amasser une fois que ça va être fait, sans polluer?

Gabriel :

Exactement. Puis c’est de la planification à long terme parce que là, je sais déjà que j’ai la capacité pour les trois-quatre prochaines années, mais là je suis en train de travailler sur des projets qui vont arriver dans notre futur, à Mascouche. Qui va commencer à voir le jour là, mais que le grand développement va se faire plus 2023-2024. Alors là, il faut trouver des solutions, il y a des ingénieurs qui disent il y a un problème là, un problème là, qu’est-ce qu’on priorise? Qu’est-ce qu’on est financés? Qu’est-ce qu’on va aller chercher en subventions et qu’est-ce qu’on a besoin d’aller chercher comme autorisations? C’est nous, comme élus, qui allons dire : C’est ça qu’on veut en premier. Mais, ça part souvent de considérations, on écoute les gens qui sont professionnels là-dedans et eux écoutent notre vision, qu’est-ce qu’on veut aller développer en premier, où qu’on veut mettre un frein, quelle station qu’on veut aller investir.

Aimy :

On voit souvent les gens en politique, un peu, c’est eux qui sont à la télé, c’est eux qui sont à la radio, fait qu’on les voit un peu comme les meneurs, souvent, mais j’entends que c’est comme un travail d’équipe là? J’ai les ingénieurs qui me flag des trucs, attention à ceci, à cela, en même temps, j’écoute les citoyens qu’est-ce qu’eux ils veulent et ensuite, je regarde avec les membres de mon équipe, on est tu enlignés à la bonne place? C’est un peu ça que je comprends?

Gabriel :

En fait, il y a des élus qui aiment ça être un peu trop partout, mais moi je pense que le meilleur conseil que je pourrais donner, c’est de se dire : On est bons dans rien, mais on doit connaître tout. C’est vraiment de les prendre en considération, de se concerter et de les écouter parce que je n’aurai jamais la prétention, devant un ingénieur en eaux usées qui me lève un flag en me disant que cette station-là n’est pas correcte et moi, de lire le rapport et de dire : Bien non, ça va. Il faut que je l’écoute, mais il ne faut pas que je le laisse aller seul, non plus, parce que ça reste que c’est l’argent des citoyens et moi, il faut que je m’assure de mettre les priorités à la bonne place.

Aimy :

Si je reviens encore à ta journée. Mettons, dans une journée, tu vas avoir deux-trois réunions, puis tu me disais, le gros de la réunion, ce n’est pas nécessairement quand je m’assois sur la chaise avec les gens, c’est toute la préparation avant.

Gabriel :

Oui.

Aimy :

Cette préparation-là, c’est, par exemple, lire les rapports des ingénieurs, c’est ça que tu me dis?

Gabriel :

C’est de les lire, mais des fois, il y a trois-quatres personnes de sphères différentes, tu vas avoir une personne des finances, une personne du génie, une personne de la direction générale et des fois, il y a des personnes que tu es plus proche, aussi. Des fois, on est accompagnés par des employés politiques aussi. Des fois, c’est de les lire, les documents, mais c’est de poser les questions avant de rentrer en rencontre parce qu’en rencontre, ça roule. Tout le monde est occupé, tout le monde est en pression, tu as une heure et demie et 17 points à l’ordre du jour, alors tu veux t’assurer que…

Aimy :

Que ce soit tout réglé après la réunion.

Gabriel :

Exactement. Bien, des fois, pas toujours, mais il faut quand même qu’il y ait une avancée qui soit faite parce qu’on est beaucoup de gens occupés. Moi, je veux m’assurer de toujours faire mes lectures dans la même journée ou la veille, pour ne pas perdre le fil, tellement qu’on a de sujets différents. Des fois, je vais envoyer un courriel en disant : ça, qu’est-ce que tu veux dire par ça? Pour être sûr que, quand j’arrive, je comprends le sujet.

Aimy :

Donc, c’est de la préparation.

Gabriel :

Oui.

Aimy :

Donc, dans ta journée typique, tu me disais, je me prépare aux réunions qui sont à venir, j’assiste aux réunions, quoi d’autre?

Gabriel :

Beaucoup de rencontres, aussi. Rencontres sociales, si je peux dire ainsi, car on a des investisseurs, des gens, un commerçant qui veut nous rencontrer parce qu’il a une question. Je vais donner un exemple qui est très typique. Moi, je m’occupe du dossier du Domaine seigneurial, c’est un grand déploiement qu’on veut faire au niveau d’un plateau culturel et plein air.

Aimy :

C’est quelque chose que vous voulez construire, qui n’existe pas encore? Pour les gens qui ne connaissent pas Mascouche.

Gabriel :

Oui, exactement et ça commence la construction l’an prochain. Justement, j’ai des gens qui vont venir me poser des questions parce qu’ils veulent venir investir. Ils vont dire, l’achalandage va monter, la vision, quand est-ce que tu veux faire ça, quelle année? Parce que ça va impacter, eux leurs façons de faire. C’est des rencontres comme ça qui peuvent se faire. Création d’un festival, tu t’assois avec le promoteur pour jaser avant de venir donner le mandat à ton service de la culture à l’interne. Aussi, l’aspect réseautage, on doit aller à la rencontre de nos organismes qui font un paquet d’activités, Chambre de commerce, etc. Ça, c’est une portion qui est plus en fin de journée, mais qui n’est pas à négliger non plus parce qu’ils veulent t’entendre et toi tu dois aller à leur rencontre et les écouter, car ils ont tous des besoins. C’est quand tout le monde est satisfait ensemble qu’il y a comme un bien commun.

Aimy :

Il y a comme une accessibilité du niveau de politique municipale, hein? Si je veux avoir accès à mon conseiller municipal, bien peut-être que c’est possible et de ce que j’entends, ça semble valoir la peine parce que tu es à l’écoute.

Gabriel :

Oui, mais, ça, encore une fois, ce n’est pas tout le monde qui le voit pareil. Moi, mon cellulaire personnel est sur le site de la Ville. Le monde peuvent m’appeler quand ils veulent. Des fois, on règle par téléphone.

Aimy :

Tu n’auras jamais dû dire ça (rire).

Gabriel :

Ah, je suis à l’aise! J’aime mieux me faire appeler, que quelqu’un qui n’ait pas la bonne information vive une frustration face à notre groupe parce qu’il n’a pas eu la bonne version des faits. C’est mon premier travail et même, je peux aller plus loin en disant que, quand j’ai été élu, j’ai fait l’erreur de trop mettre l’accent sur les projets, de trop focusser sur la Ville et j’ai oublié de rester connecté. À la minute où tu n’es plus connecté à ton monde, tu n’es plus un bon élu parce que tu penses faire la bonne affaire, mais tu es dans une bulle.

Aimy :

Tu ne travailles plus sur les bons projets, nécessairement.

Gabriel :

Non. Puis ça, je me suis bien amélioré. Si je peux dire ce sur quoi je me suis amélioré depuis 5 ans, c’est d’être revenu à la base de ce sur quoi j’ai été élu. À toutes les semaines, je me requestionne en disant : Est-ce que j’ai assez bien pris mon pouls. Je suis le roi de demander des consultations sur tout et des fois, le monde me trouve fatiguant. Mais non, ça vaut la peine d’aller s’asseoir, que ce soit une consultation en ligne, que ce soit un soir, que ce soit un comité consultatif, c’est bon d’avoir le pouls de ces gens-là. Les gens veulent participer, il faut juste leur ouvrir la porte.

Aimy :

Tu nous dis, en 5 ans, j’ai peut-être un peu amélioré ça. Veux-tu nous expliquer ton parcours qui t’a mené jusqu’à ton rôle d’aujourd’hui?

Gabriel :

Oui. En fait, moi, qu’est-ce qui m’a amené à faire ça aujourd’hui, rentrer en politique, il y a mille et une histoires derrière, de toucher à ça.

Aimy :

On pourrait venir de n’importe où.

Gabriel :

Exactement. Ce n’est pas tant un diplôme, je n’ai pas tant un diplôme comme ce que j’aimerais avoir. Au cégep, je n’ai même pas fini ce que je faisais. Mais j’ai touché, je travaillais pour un organisme, j’ai travaillé comme attaché politique à un moment donné, pendant six mois, pour aider le député, qui est aujourd’hui le maire avec qui je travaille, à lancer son bureau. J’avais une entreprise, au préalable. Il me disait : Tu es entreprenant. Mais, ce qui m’a mené, au final, c’est le petit six mois que j’ai été faire dans ce travail-là, que j’ai détesté, je tiens à dire, que je n’ai vraiment pas aimé, mais ça m’a fait découvrir le milieu municipal. Pour ceux qui connaissent un peu Mascouche, Mascouche a eu des années peu glorieuses et je me suis dit : Pourquoi moi je ne le ferais pas? Alors, j’ai cofondé ce parti-là. Je n’ai pas postulé pour le travail, je me le suis créé avec deux de mes collègues. C’est de même que je suis arrivé à mes fins et à recommencer, je ne ferais rien de différent. Je suis allé chercher plein de choses ailleurs. J’ai travaillé dans une entreprise familiale au niveau de la vente. Ça m’a permis de développer plein de sphères et je pense qu’aujourd’hui je suis outillé même si je n’ai pas fait un bac en science politique. Ce n’est vraiment pas ça, aller en politique. Ça prend des gens de tous les horizons et ça, je le répète souvent.

Aimy :

Ça prend des gens de tous les horizons, j’imagine, pour garder ce contact-là, dont tu parlais, avec la réalité?

Gabriel :

Oui, exactement.

Aimy :

Qu’est-ce que tu dirais qui est ton plus grand défi, au quotidien?

Gabriel :

Je vais me répéter un peu, mais mon plus grand défi, c’est de rester connecté. Je le répète souvent parce qu’à tous les mois, je fais des erreurs et la plupart de mes erreurs, c’est que je n’ai pas pris le temps. J’ai parlé avec mes collègues autour de moi, mais je n’ai pas pris le temps d’aller poser des questions.

Aimy :

L’erreur potentielle, c’est de se dire : Je pense que c’est une bonne idée et on devrait faire ça, en oubliant de demander aux citoyens qu’est-ce qu’ils veulent? C’est ça que tu me dis?

Gabriel :

L’erreur, c’est de prendre le monde pour acquis. C’est de se dire, je suis sûr que c’est ça qu’ils veulent. Alors que, quand tu poses les bonnes questions, tu peux te dire, oui, c’est ça qu’ils voulaient, parce que je suis rarement complètement dans le champ, mais il y a des détails que tu peux oublier qui vont avoir des conséquences sur la journée des citoyens. Le but, c’est toujours d’améliorer la qualité de vie familiale. Que tu sois une personne célibataire ou une famille de trois enfants, le but au municipal, c’est d’améliorer la qualité de vie. C’est vraiment la grosse erreur, quand on tombe dans l’acquis et dans je sais ce qu’ils veulent, c’est souvent là que tu ne prends pas les bonnes décisions.

Aimy :

Et à l’opposé, qu’est-ce que tu dirais qui est le plus valorisant dans ton travail?

Gabriel :

La valorisation, pour moi, est assez simple. J’ai travaillé, dans le passé, justement, pour un groupe familial où je mettais beaucoup d’efforts et où j’étais bien rémunéré pour le faire. Mais, au final, tous mes efforts servaient à garder mon travail puis enrichir mon employeur. Présentement, je gagne un salaire qui est quand même décent aussi. Je gagne moins que je gagnais, mais je suis plus motivé à le faire parce que je ne le fais pas pour une personne, mais je le fais pour 50 000 personnes d’une ville que j’adore. Même les journées, des fois, car oui, il y en a des journées pas faciles, où je me dis est-ce que j’arrête ça à la fin de mon mandat, mais j’ai la chance de travailler pour ma communauté. On est neuf qui peuvent faire ça, dans toute notre ville et c’est super. Je dirais la même chose des 125 députés à l’Assemblée nationale. Ils sont 125 qui ont la chance de servir notre province. Ça, pour moi, c’est ça qui devrait servir de source de motivation à tout le monde.

Aimy :

Ce qui est valorisant, c’est vraiment la mission, en arrière.

Gabriel :

Ah oui.

Aimy :

Tu as un parcours qui est quand même varié. Tu me dis, j’ai fait de la vente, j’ai appris ça là-bas. Concrètement, tu me dis, le six mois que j’ai fait comme attaché politique, c’est lui qui m’a permis de voir à travers du rideau puis qui m’a fait croire, moi aussi je pourrais faire ça, moi aussi ça pourrait m’intéresser. À part ce geste-là, quel autre geste que tu dirais que tu as posé, qui a été un peu fondateur du projet que tu vis aujourd’hui?

Gabriel :

Le geste que j’ai posé, la première raison, elle vient de plus loin que ça. Moi, je ne suis pas à prendre en pitié du tout, mais on a eu une situation familiale qui a fait que dès l’âge de 12 ans, j’ai été obligé de travailler beaucoup d’heures semaine pour que ma famille puisse se nourrir. Je me levais à 2 heures du matin, j’allais passer 250 journaux, j’allais me recoucher et je retournais après, j’étais au secondaire. C’est de là que ça a parti parce que, si mes parents avaient gardé une certaine richesse, je serais allé à l’université, je serais sûrement allé en relations industrielles, en gestion et je n’aurais pas vu l’aspect communautaire. Mais, le fait d’avoir été appauvri pendant un bon 5, 6, 7 ans, ça m’a forcé d’être plus proche des organismes qui nous ont aidé.

Aimy :

Les ayant consulté toi-même, dans le temps.

Gabriel :

Exactement. D’avoir été obligé de travailler parce qu’en politique, le système D, il faut que tu l’aies très fort, puis l’acharnement, il faut que tu sois très fort. Mais je peux te dire, un petit gars de 12 ans qui est obligé de travailler 25 heures semaine pour pouvoir manger, ça crée une réalité et je ne m’en cache pas, si je n’avais pas vécu ça, je ne serais pas en politique. Pourquoi je suis allé l’aider, après, au provincial, à 18 ans, c’est parce que je croyais à une cause. La cause, je l’ai développée dans mon adolescence. Puis, vu que c’est dans la municipalité où je suis encore aujourd’hui, je suis devenu amoureux de ma ville. Ça pourrait avoir l’air d’une parole de politicien, mais ce ne l’est pas. La journée où je ne serai plus en politique, je vais encore demeurer à Mascouche et je vais recommencer à m’impliquer dans les organismes parce que là, je m’implique un peu moins, par manque de temps. J’ai un petit bonhomme et je veux qu’il voie son père, mais je vais le rester parce que j’aime ma ville, puis je ne me verrais pas ailleurs.

Aimy :

Là, tu fais quelque chose et tu as quand même l’air comblé, tu as l’air de vraiment aimer ton travail. Si tu faisais autre chose, si tu avais choisi un autre métier, tu m’as parlé de relations industrielles, tu m’as parlé un peu de business. Si, demain matin, tout ça s’arrêtait et il fallait que tu te réinventes, qu’est-ce que tu ferais d’autre?

Gabriel :

Ça va arriver parce que je suis sur un siège éjectable. Puis je pense que je vais refaire un dernier mandat, mais je pense que dans 6-7 ans, je ne ferai plus ce métier-là, qui me rend si heureux présentement. Mais, je te répondrais en deux volets. Le premier, c’est que j’aimerais aller me chercher d’autres aptitudes pour rester dans le domaine municipal quand même, mais traverser du côté gestionnaire parce que je suis du côté administratif et politique. L’autre volet, ce serait l’enseignement, maintenant que je commence à avoir des acquis. Je crois beaucoup à la jeunesse, puis je trouve que le métier d’enseignant n’est pas assez valorisé. Je pense que c’est quelque chose que je pourrais faire, où je pourrais apporter de quoi et ça viendrait me chercher la forme de gratitude et la passion que j’ai présentement. Sauf, qu’au lieu de le faire pour une ville, je le ferais pour l’avenir. C’est notre jeunesse qu’on doit éduquer pour qu’elle soit l’avenir de demain.

Aimy :

Encore cette notion de la mission.

Gabriel :

Oui. Je n’ai plus, j’avais un intérêt très fort, avant d’être en politique, pour être en business, faire bien de l’argent, puis j’ai été carriériste pas mal, mais aujourd’hui, ce n’est plus ça. Oui, ça me prend un revenu décent quand même pour vivre, mais il faut qu’il y ait une cause sinon après deux ans, je vais rechanger de travail. J’ai beaucoup changé de métier avant. Mais là, ça fait cinq ans, j’aimerais faire ça dix-douze ans, mais quand il y a une cause, c’est ma façon de m’attacher et de rester longtemps à la même place.

Aimy :

C’est tes valeurs qui te rattachent.

Gabriel :

Oui.

Aimy :

Là, tu dis, bon ça fait cinq ans, j’aimerais ça rester 10-12 ans. J’ai l’impression des fois que la politique municipale est peut-être un peu méconnue. Est-ce que tu pourrais nous expliquer un peu comment ça fonctionne? Toi, tu es un conseiller municipal et tu as été élu.

Gabriel :

Oui, exactement.

Aimy :

Comment ça fonctionne, un peu, le système?

Gabriel :

En fait, au municipal, c’est toujours des élections à date fixe. C’est aux quatre ans, le premier dimanche de novembre, puis il y a des districts. Ça dépend des grosseurs de ville, mais présentement, on est huit conseillers. Tôt ou tard, on va devoir monter à 10 parce que c’est le Ministère des Affaires municipales qui l’oblige. Lorsqu’il y a des élections, les gens doivent voter pour un maire et pour un conseiller. Donc, moi, je peux être élu et mon maire pourrait ne pas rentrer, puis être quand même élu pendant 4 ans.

Aimy :

Quand tu dis, ton maire, vous êtes membres d’un parti politique?

Gabriel :

Exactement. Mais encore une fois, j’aurais pu me présenter comme indépendant. Il y a plusieurs municipalités où le maire peut être indépendant. Nous, moi, personnellement, je n’ai pas cette croyance-là, je pense que c’est en équipe avec, oui, une vision. Je n’aime pas particulièrement le mot ligne de parti parce que des fois, je vote contre des choses, en public, que mon parti a décidé. Mais, il faut quand même une vision commune pour faire avancer parce que, si tout le monde tire sur la couverte de chaque bord, tu peux finir que tu vas terminer ton mandat et tu n’auras fait aucun projet. Moi, je me dis, vote pour une vision ou pour une autre, mais ça aurait pu quand même arriver. J’ai été chanceux, ça fait deux mandats, le deuxième qu’on vient d’être élus. Le deuxième, l’ensemble de l’équipe a été là, mais il y a quand même une opposition, c’est nous-mêmes, à l’interne, pour se challenger. Le système, en fait, à tous les quatre ans, on doit venir se représenter. Moi, j’appelle ça aller passer ta note d’évaluation parce que mon seul patron que j’ai, comme conseiller, le monde pense que le maire est notre patron, ce n’est pas notre patron, c’est nous qui le sommes. On est nous-mêmes notre patron et les citoyens qui, aux quatre ans, peuvent nous juger. Moi, je respecte. Donc, si je perds dans trois ans parce qu’ils pensent que c’est mieux ailleurs, je vais dire : allez-y. J’ai un grand respect pour la démocratie, c’est ça qui fait qu’on peut avoir notre métier et ça ajoute à ça que, quand tu es élu, tu as des comités. C’est ton parti qui dit qu’il veut que tu le représentes là et il y a des sociétés paramunicipales, il y a la MRC, tantôt je parlais des régies d’aqueduc, il y avait les comités de transport, mais ça a été enlevé, c’est rendu Québec qui s’en occupe. Il y a plusieurs régies, mais ça, tu n’a pas besoin de repasser par des élections. C’est à l’interne, entre municipalités qu’on se dit, ok, on va envoyer telle personne là et telle personne là.

Aimy :

Tu vas voir toute ma méconnaissance du milieu, mais c’est les élus qui vont décider quelles têtes vont être placées où?

Gabriel :

Oui. En fait, il y a deux raisons qui peuvent amener une personne à un endroit. Il y a la disponibilité parce qu’un conseiller municipal n’est pas obligé d’être là à temps plein. Il y en a beaucoup qui ont d’autres métiers. Mais, de plus en plus, avec les responsabilités, on est rendus nommés des gouvernements de proximité par le Québec, alors on a beaucoup plus de responsabilités. Quelqu’un qui ne connaît pas trop la politique municipale, rappelez-vous, il y a vingt ans, la ville s’occupait des routes, des ordures, puis pompiers et police. Maintenant, c’est l’environnement, c’est la gestion des eaux, la gestion de nos rivières, la gestion des parcs, la culture, fait que ce sont tous des mandats qui se sont empilés. Mais il faut que les élus soient présents. Je vous le dis, moi, en tant qu’élu, je fais en moyenne plus que 40 heures par semaine dans l’année. Il y a des périodes plus fortes et des périodes plus faibles, mais comment voulez-vous que j’occupe un autre emploi? Des fois, on peut travailler de 7 heures à midi, avoir une pause de 2 heures, puis retravailler de 4 heures à 9-10 heures le soir. Je ne peux pas aller trouver un autre travail vers trois heures dans le plein milieu de ma journée. Puis, ça, il va falloir dans un futur, que la rémunération de certains élus dans des villes aide à aller de l’avant avec ça parce que, si on veut être bien représentés, il faut donner des outils pour avoir des élus qui peuvent choisir de mettre un terme à leur carrière privée, de mettre en veilleuse, de faire une pause pour venir s’impliquer à temps plein dans leur municipalité.

Aimy :

Sans se mettre dans le trouble financièrement, le temps de faire ce mandat-là.

Gabriel :

Oui. On le fait quand même. Quelqu’un qui voudrait faire ce métier-là, je l’encourage. Mais, il y a des risques. Moi, j’ai décidé d’arrêter mon autre métier. J’avais un très bel avenir où est-ce que j’étais, j’aurais pu continuer à gravir les échelons, mais j’ai pris la chance, je ne le regrette pas et je ne le regretterai jamais. Moi, l’insécurité ne me fait pas peur, mais des gens qui veulent être sûrs d’avoir tel revenu toute leur vie, ne faites pas ça.

Aimy :

Si je te demandais ça, justement. Si tu avais un conseil à donner à quelqu’un qui s’intéresse à ton domaine?

Gabriel :

Sois certain d’être passionné parce que ça reste assez exigeant, demandant et si tu n’as pas assez de passion, puis que tu y vas juste parce que c’est une expérience que tu as envie de vivre, tu vas trouver ton passage difficile.

Aimy :

Je t’interromps, je vais te poser une question pointue. Au fil des entrevues, j’entends souvent parler de passion, puis j’aimerais savoir, dans ce contexte-ci, c’est une passion pour quoi, exactement?

Gabriel :

Ça a l’air cliché. C’est tellement cliché, ce que je vais dire, mais c’est d’être passionné pour ta ville. Moi, quelqu’un qui se présente, mettons que j’irais déménager à Boisbriand, que je ne connais pas, mettons que je trouve que tu n’as pas assez la connaissance pour dire, ok, je m’imprègne puis vraiment, je vais être motivé là-dedans à temps plein. Moi, la ville, je la connaissais avant d’être arrivé, puis j’avais une vision pour l’amener ailleurs.

Aimy :

Pour toi, cette passion-là, c’est vraiment très concret. Ce n’est pas comme, je suis passionné de politique, j’écoute toujours les nouvelles. On n’est pas là. On est dans, je connais ma ville, je connais mon milieu, je vois des richesses et je vois des lacunes et j’ai envie de travailler dans le sens de tout ça. Est-ce que je comprends bien?

Gabriel :

Oui, puis j’ajouterais une phrase : Je sais où je veux qu’elle s’en aille, la ville.

Aimy :

Tu as cette vision-là.

Gabriel :

Oui parce que la minute, moi, personnellement, il y a du monde qui peuvent rester plus longtemps que 2-3 mandats, mais moi, personnellement, j’ai un projet puis un loisir municipal que je veux amener que je sais que, lorsqu’il sera terminé, ma passion va baisser en tant qu’élu. Je vais aimer mieux me recycler, peut-être encore dans le municipal, peut-être dans un cabinet politique, mais plus comme élu parce que ma grosse flamme que j’avais, elle ne sera plus à ce niveau-là.

Aimy :

Comment tu imagines l’évolution de ton métier dans les 5-10-15 prochaines années?

Gabriel :

Un peu comme je disais, je pense, ça va être de plus en plus demandant, avec la nouvelle reconnaissance qu’il y a eu dans le dernier pacte fiscal. Je pense que ça va en prendre de plus en plsu d’élus très présents, sans s’ingérer, ça je tiens toujours, il ne faut pas s’ingérer dans l’appareil municipal, mais il faut être présent pour bien le représenter.

Aimy :

Qu’est-ce que ça veut dire pour toi, s’ingérer dans l’appareil municipal?

Gabriel :

S’ingérer, mettons, que je prends une décision de dire : je veux créer ce parc. J’ai consulté ma population et je veux que le parc soit fait d’une telle manière. Ce n’est pas à moi, après, à aller m’asseoir avec la firme pour leur dire comment le faire. J’ai un directeur des loisirs et c’est lui le gestionnaire, c’est à lui de gérer ça. Si, moi je commence à dire : je veux que tu prennes lui, je veux que tu prennes lui. Là, c’est de l’ingérence politique et c’est là que tu fais une erreur parce que je n’ai pas la compétence que le directeur a. Il faut faire confiance et je dis les directeurs, mais qu’ils soient col blanc, col bleu ou dans l’équipe de direction.

Aimy :

On revient vraiment à cette notion de travail d’équipe, encore une fois. J’ai mon rôle puis les autres ont le leur, puis chacun de notre bord, ça ne marchera pas.

Gabriel :

Exactement. Un directeur qui part de son bord, il n’arrivera pas à ses fins parce que nous, les patrons en haut, on va tirer sur la plogue. Mais, de l’autre côté, un élu qui pense être capable de tout faire seul lui-même, il va être de passage, je le garantis, un seul mandat parce que c’est eux. Nous, notre travail, c’est de dire on veut ça, mais on a quand même un rôle, au bout de la ligne, qui est un peu plus facile. C’est eux, après, qui doivent travailler pour mettre ça en place pour arriver à nos fins et c’est nous, à la fin, qui allons être sur la photo là. Mais, il y en a peut-être 75 en arrière qui vont avoir travaillé d’arrache-pied pendant six mois pour arriver à ça.

Aimy :

Une notion d’humilité importante à maintenir, hein?

Gabriel :

Moi, en tout cas, elle est très forte. Il faut se concerter. Puis, si on veut faire de la rétention d’employés parce que la nouvelle génération, maintenant, il faut les écouter et qu’ils se sentent impliqués. Il faut qu’ils se sentent reconnus dans ce qu’ils font parce qu’il y a tellement de compétition que, si nous qui sommes les leaders en haut, on ne laisse pas transparaître ça, on va perdre plusieurs bons employés.

Aimy :

Ils ne sont pas obligés de travailler à la Ville.

Gabriel :

Puis il y a d’autres municipalités, le secteur privé est de plus en plus attrayant quand on parle d’urbanisme, quand on parle de loisirs, ça pousse là. Le bien-être, on en parle beaucoup plus qu’il y a vingt ans et on va encore en parler plus dans vingt ans qu’on en parle aujourd’hui.

Aimy :

Fait que l’évolution de ton métier, tu me disais, de plus en plus de mandats, probablement.

Gabriel :

Oui. Puis, l’autre chose, je dirais, qui est assez spéciale et qui est difficile à gérer, puis que ça va être encore plus fort, c’est aussi l’ère numérique parce qu’avant, il y avait un problème, tu recevais un téléphone, ça se passait un à un. Maintenant, il y a des pages de spotted, il y a des pages de réseautage, où moi, personnellement, je trouve qu’il y a beaucoup de désinformation. À quelque part, pour s’assurer de casser cette désinformation-là, il faut s’assurer de donner la bonne information sur ce médium-là. La tradition dans les villes, c’est que les élus passaient beaucoup par les journaux, par notre page internet, mais là, il faut aller de l’avant parce que les Facebook, Instagram, Twitter, de plus en plus, il y a de l’information. C’est rapide, ça prend trois minutes. C’est bon, mais on ne sait pas encore comment bien le gérer et ça va être encore plus important parce que l’avenir de la consultation risque de se passer avec un coup de pouce sur ton téléphone pour donner ton opinion à la Ville. On a commencé à le faire, à Mascouche, mais dans 15 ans, je ne sais pas où est-ce que ça va être, mais il faut que ce soit plus haut que ça parce que le gros de l’information se passe là, maintenant.

Aimy :

Il va falloir que le domaine suive cette vague-là aussi.

Gabriel :

Oui. On est précurseur, je trouve, à Mascouche. On a un nouveau service des communications qui est très jeune et qui a travaillé très fort, mais on pourrait être encore plus loin. Puis, il y a beaucoup de villes que, dans 10 ans, elles vont devoir être plus loin si on veut suivre le courant de la technologie.

Aimy :

Gabriel, ça a été super intéressant. Merci beaucoup. Si quelqu’un voulait en savoir plus sur ton domaine ou sur ce qui se passe en politique municipale à Mascouche, qu’est-ce qu’il pourrait faire?

Gabriel :

Qu’il m’appelle!

Aimy :

Allô Gabriel?

Gabriel :

Oui, sincèrement, il y en a qui le font et probablement que, notre entrevue, ça ne sera pas juste des Mascouchois, mais je vous le dis, peu importe la ville, cette personne-là qui est votre élue, surtout le conseil, le maire, il en a 50 000, moi j’en ai le huitième, de ça. Appelez votre représentant. Au municipal, je ne comprends pas, le taux de participation, c’est là qu’il est le plus bas, alors que le pouvoir du citoyen, c’est là qu’il est le plus haut. Fait que, même si c’est parce que vous vous intéressez à vous lancer là-dedans ou parce que vous avez une question pour l’un de vos enfants, on sert à ça. Puis, si on n’est pas capable de vous répondre, on va vous référer à la bonne personne.

Aimy :

Merci, Gabriel.

Gabriel :

Ça me fait plaisir, bonne journée.

Aimy :

Merci à notre invité et merci à vous d’avoir écouté cet épisode des Portraits professionnels. Pour plus de détails sur cette profession, visitez notre site internet au www.saltoconseil.com.