AGENT DE BORD

AVEC LUCIE

Juin 2019 | Musique et montage par Alex Andraos

Lucie est agent de bord pour une compagnie aérienne canadienne. Elle nous parle du métier qui lui permet d’allier sa passion du voyage à sa vie professionnelle. Elle nous raconte certaines de ses anecdotes vécues en vol, ainsi que les dessous de cette profession parfois idéalisée.

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AGENT DE BORD

AVEC LUCIE

Aimy :

Bonjour et bienvenue aux Portraits professionnels, le balado où l’on tente de clarifier différentes professions du marché du travail. Par mesure de confidentialité, nous appellerons l’invitée d’aujourd’hui Lucie. Lucie est agent de bord pour une compagnie aérienne canadienne. Elle nous parle du métier qui lui permet d’allier sa passion du voyage à sa vie professionnelle. Elle nous raconte certaines de ses anecdotes vécues en vol, ainsi que les dessous de cette profession parfois idéalisée. Lucie, bonjour.

Lucie :

Bonjour Aimy.

Aimy :

Tu vas bien?

Lucie :

Ça va bien, toi?

Aimy :

Ça va bien, merci. Alors, on se rencontre aujourd’hui pour parler de ton beau métier. Veux-tu nous dire ce que tu fais?

Lucie :

Je suis agent de bord.

Aimy :

Agent de bord. Depuis combien de temps maintenant?

Lucie :

Ça fait quatre ans.

Aimy :

Donc, tu es agent de bord. Quand tu rencontres quelqu’un, mettons à un party de Noël, tu dis : Bonjour, je m’appelle Lucie, je suis agent de bord. C’est quoi l’image que les gens peuvent avoir de ce que tu fais?

Lucie :

C’est drôle parce que j’ai souvent eu plein de jugements face à mon métier, que ce soit positif ou négatif. Il y en a deux qui me viennent en tête, l’un plus péjoratif et l’autre un peu plus farfelu, excessif, je dirais. Le premier, celui qui est péjoratif, ça m’est arrivé souvent de me faire dire : Ah, tu sers du café. C’est plate.

Aimy :

C’est juste à ça que tu sers.

Lucie :

Hum, hum. C’est sûr que le gros de la job, c’est ça. Je fais des cafés, je vends des chicken wraps, mais être agent de bord, ce n’est pas juste ça. On a une formation de six semaines qui est très intensive, tu sais de quoi je parle. Mes collègues et moi, on dormait trois heures maximum par nuit pendant ces six semaines-là. Cette formation-là, on apprend les premiers soins, on apprend à combattre un feu à 35000 pieds dans les airs, évacuer un avion en moins de 90 secondes, à survivre en terre déserte, en haute mer, à transporter une bombe pour construire un abri pour atténuer le choc en cas d’explosion. On apprenait à reconnaître les signaux de trafic humain, à se défendre et à restreindre le passager en cas de violence. On apprend toutes sortes d’affaires et c’est dommage que les gens, tout ce qu’ils voient à travers ça, c’est notre quotidien. Oui, on sert du café. Mais, c’est une grosse formation et les gens ne s’en doutent pas.

Aimy :

Tu es agent de bord, tu es une serveuse, mais à 35 000 pieds.

Lucie :

Mais je suis aussi une pompière.

Aimy :

Exact! Tu es une ambulancière.

Lucie :

Puis garde de sécurité. Puis une mère, surtout. Je pourrais accoucher une mère à 35 000 pieds, si je voulais.

Aimy :

C’est possible. Donc, ce que j’entends, c’est que l’image qui pourrait venir, c’est celle qui est un peu péjorative que tu me nommais. Mais, dans la réalité, votre mandat, c’est la sécurité.

Lucie :

Oui, à 100%. Avant même de servir les passagers.

Aimy :

Tu me disais, il y a deux visions que les gens peuvent avoir, l’une péjorative et l’autre excessive. Ça serait quoi, l’excessive?

Lucie :

Je me suis souvent fait dire : Tu ne dois jamais être à la maison, tu dois toujours voyager, vous devez faire le party avec les pilotes.

Aimy :

La vie un peu plus glamour.

Lucie :

Oui, oui. Ça peut être le cas. Mais aussi, tu peux décider d’être à la maison si tu veux. Si je veux, je peux faire huit jours dans mon mois, puis être off à la fin du mois et être à la maison avec mes enfants. C’est la meilleure job pour être à la maison, aussi. Si j’ai envie de voyager et de faire le tour du monde aussi, je peux le faire. Oui, je peux faire la fête si je veux, mais c’est un choix personnel. Ce n’est pas typique d’agent de bord de faire la fête avec les pilotes et de ne jamais être à la maison non plus.

Aimy :

Comme, un peu, cette vision d’une vie presque de star. Je voyage, je suis partout, je ne suis jamais à la maison, je fais ce que je veux et le party. En même temps, ce que tu me dis, c’est qu’il y a quand même une certaine marge, une certaine flexibilité. Si je choisis de travailler juste huit jours dans mon mois, je travaille huit jours dans mon mois et j’ai accompli ce que j’avais à faire.

Lucie :

Tout à fait. C’est sûr qu’il y a une question de séniorité, avec ça, puisque plus tu es ancienne dans la compagnie, plus tes choix sont vastes. Mais, c’est une question personnelle, selon moi, si tu veux être à la maison, si tu veux partir des cinq jours de suite, si tu veux faire des allers-retours.

Aimy :

Concrètement, comment ça fonctionne? Comment tu sais que demain, tu t’en vas à Fort Lauderdale ou que demain, tu t’en vas à Rome? Comment ça marche?

Lucie :

En fait, à chaque mois, on appelle ça des bid. On fait des demandes. Tu peux faire tes demandes de congé, tu peux choisir avec qui tu veux travailler, aussi. Tu peux choisir tes collègues de travail. Comme je disais, si tu veux faire des allers-retours, par exemple, Montréal, Fort Lauderdale, Montréal, c’est ton choix. Si tu veux partir six jours de suite puis faire des vols à travers le monde, tu peux le faire. Si tu as envie d’être 48 heures à Barcelone, tu peux le faire aussi. Tu choisis vraiment ton mode de vie. Si tu as besoin de tes samedis de congé…

Aimy :

Au début du mois, tu dis : Voici l’horaire que j’aimerais avoir. Voici avec qui j’aimerais travailler.

Lucie :

Exactement. Sauf qu’après ça, c’est une question de séniorité.

Aimy :

Ok. Alors ils partent de la plus ancienne et dans la profession, on s’entend qu’il y a plus de femmes que d’hommes?

Lucie :

Oui, quand même.

Aimy :

Ils partent du plus ancien ou de la plus ancienne et ils accordent à ces personnes-là ce qu’elles veulent. Après, on descend, on descend et quand on arrive à la nouvelle recrue qui vient juste de rentrer, la personne prend un peu ce qui reste?

Lucie :

Oui. Des fois, c’est de la réserve aussi. Des fois, elle n’aura pas de bloc, elle n’aura pas d’horaire, mais tout le monde est passé par là, aussi.

Aimy :

La réserve, c’est que tu es sur appel, dans le fond?

Lucie :

Oui, exactement. Tu vas avoir des journées de réserve. Il y a des compagnies que c’est 12 heures de réserve et d’autres compagnies, c’est 24 heures de réserve. Fait que, quand c’est 24 heures, tu as ton téléphone avec toi. Ils peuvent t’appeler pour des petits vols plates à faire pour combler des trous, mais ils peuvent aussi t’appeler pour des vols incroyables où la personne est tombée malade et il n’y a pas le choix de booker vite, vite.

Aimy :

Il faut trouver un remplaçant.

Lucie :

Exactement.

Aimy :

Parfait. Il y a toute une notion que tu m’expliques de séniorité, hein? Plus on avance, plus ça devient avantageux?

Lucie :

Oui, oui. 100%. Les premières années, c’est toujours rough. Je dis souvent aux gens, c’est la meilleure et la pire job au monde parce que tu vis toutes sortes d’affaires. Les premières années sont difficiles. Les jours de congé, tu ne les as pas toujours nécessairement. Tu as les vols les moins agréables, aussi. Souvent, ça va être des gens qui vont se faire appeler sans arrêt, surtout si tu es en réserve. Tu peux te faire appeler pour des vols back à back et c’est épuisant aussi. C’est dur aussi d’être loin de la famille parce qu’en commençant, tu n’es pas souvent basée où est-ce que tu vis, soit à Montréal. Tu peux être basée à Toronto, à Vancouver, à Calgary, à Edmonton. Les premières années sont surtout difficiles. Passé les trois ans, tout dépendamment de la compagnie aérienne, c’est sûr qu’il y a des compagnies où ça prend 25 ans avant d’avoir ce que tu veux, mais c’est ça. Outre ces trois année-là, après ça, selon la séniorité que tu as, ça devient, selon moi, la meilleure job au monde. Tu fais ce que tu veux. Pas ce que tu veux quand tu veux, mais tu as la flexibilité, à chaque mois, de demander ce que tu veux, les journées que tu veux. Comme je te disais, si tu veux être 20 jours à la maison, tu vas l’être. C’est fou.

Aimy :

Maintenant, avec ton quatre ans d’ancienneté, tu as quand même le lousse de faire ces choix-là.

Lucie :

Énormément, vraiment. Moi, je décide parce que je suis célibataire et jeune que je veux voyager, mais le jour où est-ce que je vais avoir un enfant, je vais être à la maison avec lui et je n’aurai pas besoin de trouver de gardienne plus que six jours par mois. C’est vraiment incroyable, c’est génial.

Aimy :

Là, on parle du fait que, dans les premières années, ça peut être difficile. On avance, l’ancienneté, je me place, je choisis un peu plus. Je sais que c’est une question difficile à répondre, mais si tu me disais, grosso modo, de quoi ça a l’air une journée typique pour toi?

Lucie :

Ce qui est le fun, avec le domaine, c’est que moi je pense qu’il n’y a aucune journée typique. Chaque passager est différent. Ton équipage, aussi, est différent. Tu ne voyage pas avec les mêmes pilotes, avec les mêmes collègues.

Aimy :

Tu as une équipe différente à chaque fois que tu rentres au travail.

Lucie :

À moins que tu décides de travailler avec les mêmes gens. Mais, des fois, les horaires ne concordent pas. Les avions ne sont pas les mêmes, les destinations non plus. Il n’y a pas de journée typique, mais c’est sûr qu’il y a un train-train quotidien. On va rentrer dans l’avion. Excusez-moi, je cherche les mots en français parce qu’on a un training en anglais, aussi. Donc, le boarding, l’embarquement des passagers, nous, il y a plusieurs positions en tant qu’agent de bord. Il va y avoir le lead, en avant. Ensuite de ça, il va y avoir quelqu’un en avant avec lui, quelqu’un aux ailes, dans le milieu, pour s’occuper de la cabine durant l’embarquement et il y a des gens en arrière aussi, dans la galerie, dans la cuisine, pour s’occuper de tout mettre en ordre. Monter les chariots avec la nourriture, les breuvages, donc je dirais qu’on a certaines tâches à faire, train-train quotidien. On fait l’embarquement, on s’assure que tout est sécurisé, la cabine, avant de décoller. Ensuite de ça, on fait notre service.

Aimy :

Quand tu dis que tout est sécurisé, ça veut dire quoi?

Lucie :

On joue à Tetris avec les valises parce que les gens ont beaucoup trop de valises maintenant qu’il n’y a plus de restrictions de poids, ni de quantité. Ensuite de ça, faire des breffages, des briefings, je ne sais pas c’est quoi le mot en français, c’est quoi le terme?

Aimy :

Mettre les gens au courant?

Lucie :

Oui?

Aimy :

Un genre de compte rendu.

Lucie :

Oui, exactement, sur les passagers particuliers, sur les femmes, les adultes, les parents qui ont des enfants en bas âge. Ensuite de ça, il y a le breffage des sorties d’urgence. Si quelqu’un est sourd ou aveugle, il faut faire un breffage spécial. Les enfants non accompagnés, il y en a souvent aussi.

Aimy :

Avant que l’avion décolle, j’embarque les gens dans l’avion. Ensuite, je joue à Tetris avec les valises, j’explique aux gens qui ont besoin d’explications particulières tout ce qu’ils doivent savoir. Qu’est-ce qui vient ensuite?

Lucie :

Ensuite, une fois que la cabine est sécurisée, que tous les coffres supérieurs sont fermés, que tous les passagers sont assis, qu’il n’y a plus personne dans les toilettes, on ferme la porte. Ce qui arrive, on va push-back. Comme les voitures qui ont la fonction de reculer, nous, il y a un camion qui va nous pousser, on appelle ça un push-back. À ce moment-là, on va faire la démonstration de sécurité. Soit par télévision, ou s’il n’y a pas de système télévisé, ça va être les agents de bord qui vont le faire en personne.

Aimy :

Ça existe encore des avions qui n’ont pas le système télévisé?

Lucie :

Oh oui. Il y a beaucoup de compagnies aériennes qui n’ont pas de IPad à bord. Ils n’ont pas d’écran dans les sièges, alors ils n’ont pas le choix de le faire en personne, à ce moment-là.

Aimy :

Pour s’assurer que la personne en arrière puisse bien voir.

Lucie :

Oui, exactement. Après ça, le décollage, évidemment. Une fois que la consigne des ceintures s’éteint, on commence notre service assez rapidement. Le service, en soit, tout dépend de la longueur du vol. Ça peut être juste un service, il y a des vols tellement courts qu’on a juste le temps de faire un service d’eau. Montréal-Québec, Toronto-Québec, c’est tellement court. Tu passes avec une bouteille d’eau, tu remplis les verres que le nécessaire, puis c’est ça.

Aimy :

Tu ramasses les verres, puis on atterrit.

Lucie :

C’est ça. On monte, puis on redescend tout de suite. C’est incroyable. Donc, tout dépend des vols. Des fois, on fait un service de breuvages. Des fois, on fait un service de breuvages et de nourriture. Des fois, on en fait deux, trois, tout dépend. Si on fait Montréal-Barcelone, il y a au moins quatre services à bord. Sinon, ensuite de ça, on resécurise la cabine pour l’atterrissage.

Aimy :

C’est quoi, resécuriser pour l’atterrissage?

Lucie :

Ça va être simplement, on fait la même chose qu’avant le décollage.

Aimy :

S’assurer que tout le monde a rangé ses trucs…

Lucie :

Oui, que leur siège est relevé.

Aimy :

Un peu le classique qu’on a vu là, l’agent de bord qui nous dit de redresser (rire).

Lucie :

Si tu as voyagé dans la vie, tu le sais.

Aimy :

Ce qu’on voit, d’habitude.

Lucie :

Exactement. Il n’y a rien de très caché. À l’arrière de l’avion, pour sécuriser la cabine à l’arrière, ce qu’on ne voit pas dans les galeries, ça va être de serrer les chariots, de ranger thé et café, qu’il n’y ait aucun danger.

Aimy :

C’est ça, c’est la notion qu’un avion, ça bouge. Il ne faudrait pas qu’à l’atterrissage, quelque chose ne soit pas attaché et s’envole à travers la cabine.

Lucie :

Il y a des compagnies aériennes qui sont beaucoup plus sévères là-dessus. Aussitôt que la consigne des ceintures s’allume, les agents de bord cessent leur service. Même que ce soit les petites, petites turbulences, on ne prend pas de chance.

Aimy :

C’est des philosophies d’entreprise.

Lucie :

Oui, tout à fait. Il y a des pilotes qui ont la switch plus facile, alors c’est toujours du on and off pour les turbulences. Fait que je n’imagine pas retourner en arrière avec le chariot, revenir en avant…

Aimy :

Cette logistique-là.

Lucie :

Exact.

Aimy :

Donc, on sécurise la cabine, atterrissage…

Lucie :

Oui et débarquement. Ensuite de ça, tout dépend si tu fais un aller-retour, il y a toujours des employés au sol qu’on appelle des groomers, qui vont nettoyer l’avion. Ils font ça super rapidement. Un avion de 250 passagers, ça peut prendre 15 minutes à nettoyer. Il y en a aussi qui font la sécurisation de la cabine. Ils vont regarder qu’il n’y ait pas de paquets qui soient laissés. Ils vont vérifier aussi dans les toilettes qu’il n’y ait rien. Dans les toilettes, en fait, il y a des panneaux qui sont sécurisés avec, pas des tye wrap, mais juste pour dire que c’est fermé, que c’est vérifié que rien de ça n’a été ouvert et qu’il y aurait peut-être…

Aimy :

Dans le fond, c’est de vraiment dire : tout a été vérifié, on a la preuve que ça a été vérifié et qu’il n’y a rien de louche a été laissé ici.

Lucie :

Tout à fait. On a sécurisé la cabine.

Aimy :

Parce qu’il y a un contexte réel. On est passé 2001, le 11 septembre. On sait que ça peut faire peur, le voyage aérien. Donc, on prend les mesures nécessaires pour ne pas laisser planer le doute. C’est ça que j’entends?

Lucie :

Tout à fait. Depuis 2001, moi je n’étais pas là à cette époque, mais de ce que j’ai entendu dire, l’aviation n’est plus la même.

Aimy :

Il y a eu un gros changement, dans les mesures de sécurité?

Lucie :

Oui. Autant pour les employés que pour les passagers.

Aimy :

Ce n’est pas juste devenu plus compliqué de voyager, c’est devenu plus compliqué pour tout le monde.

Lucie :

Tout à fait, oui.

Aimy :

Donc, on veille à cette sécurité-là.

Lucie :

Oui.

Aimy :

Mettons que tu es arrivée à destination, qu’est-ce qui se passe ensuite?

Lucie :

Tout dépend si tu fais un aller-retour. Tu retournes, tu fais la même chose. Sinon, c’est une belle petite escale. Il y a soit une limousine, soit un camion qui t’attend à l’aéroport avec un chauffeur et il t’emmène à ton hôtel. L’hôtel est une gratuité pour les agents de bord. C’est souvent de beaux hôtels, du quatre étoiles et plus. Tout dépend, tu peux avoir une escale de 11 heures, juste le temps de dormir et de retourner le lendemain. Mais, ça peut être des 24 heures, des 48 heures, 72 heures. On a déjà eu des 96 heures aussi.

Aimy :

Ohhh!

Lucie :

C’est long longtemps, ça, par exemple.

Aimy :

Ok.

Lucie :

Et rendu là-bas, c’est libre à toi. Si tu veux rester à l’hôtel, c’est comme tu veux. Si tu as envie de faire du Netflix dans ton lit pendant 48 heures, tu peux le faire. Mais, si tu as envie de visiter la ville, c’est libre à toi. C’est sûr qu’il y a certaines restrictions. Si tu quittes plus longtemps que prévu, tu es supposé avertir, on les appelle les crew schedulers. C’est eux qui s’occupent de tout ce qui est horaires, c’est eux qui s’occupent des agents de bord.

Aimy :

C’est eux qui planifient qui va sur quel vol.

Lucie :

Exactement. Si tu quittes l’hôtel, ça se pourrait qu’ils aient besoin de toi. Si quelqu’un tombe malade à destination, ça se peut qu’ils veulent te ramener à la base plutôt que prévu. Donc, il faut toujours qu’ils soient au courant. Mais cela m’est arrivé souvent, admettons qu’on a 48 heures, ou 72, on décide avec l’équipage de louer une voiture puis de visiter en dehors du pays parce que sinon, on fait les mêmes routes. Barcelone, on l’a vue souvent. C’est l’fun, c’est toujours agréable, mais d’aller explorer un petit peu plus loin, c’est toujours, c’est l’fun, c’est vraiment, comment dire…

Aimy :

C’est un privilège, quand même, de pouvoir atterrir à quelque part et de dire : je saute dans une voiture que j’ai louée et ça y est. Je suis à Barcelone mais, maintenant, je suis au Portugal.

Lucie :

Oui, ça m’est déjà arrivé.

Aimy :

C’est une possibilité.

Lucie :

Oui.

Aimy :

Super. Alors, ça un peu comme la journée typique. Là, je me permets de te poser une question, mais tu me dis si tu préfères ne pas en parler, mais ça c’est dans le typique. Est-ce qu’il t’est déjà arrivé d’avoir à exercer ce rôle, justement, de sécurité? Est-ce que tu as eu des situations d’urgence?

Lucie :

Il y en a pratiquement à tous les vols, je dirais. Quand je disais qu’il n’y a pas de pattern, ce n’est pas vrai. Des situations d’urgence, comment dire? Admettons qu’il y a 250 passagers ou 300 passagers, ça peut être juste quelqu’un qui a mal au cœur ou qui tombe sans connaissance. Il y a beaucoup de gens qui sont stressés, aussi, de voler. Il y a beaucoup de gens qui boivent ou qui prennent des médications parce qu’ils sont stressés. Ça arrive très régulièrement, ça ne devrait pas arriver, mais c’est quelque chose.

Aimy :

Fait qu’il faut prendre soin de ces gens-là.

Lucie :

Exactement. C’est rare qu’il y a des situations d’urgence graves qui font en sorte que tu dois atterrir d’urgence. Mais, il y a toujours des petits pépins. C’est rare que tu puisses faire ton service de A à Z sans être interrompue. Mais, de vraies situations d’urgence, moi, personnellement, je n’en ai pas vécu énormément. Je suis chanceuse.

Aimy :

C’est une bonne chose.

Lucie :

Oui. En quatre ans, en plus, c’est quand même très surprenant. Je vais toucher du bois. J’ai des collègues qui ont tout vécu, des morts à bord, des atterrissages d’urgence que tu ne veux pas vivre, non plus. Restreindre des passagers. Je me souviens, d’un vol que je ne vais pas nommer la destination, mais je vous dirais qu’il y a des destinations qui sont plus difficiles que d’autres, qu’il y a des passagers qui n’ont pas l’habitude de voyager ou qu’il y a une différence de culture aussi, peut-être, aucune idée. Mais, il y a des vols qui sont typiquement plus difficiles que d’autres. Je me souviens qu’il y en a un que j’ai fait, une fois. À l’aller, on attendait les polices parce qu’il a fallu restreindre un passager qui voulait boire son propre alcool. C’est interdit à bord. On peut acheter l’alcool, mais on ne peut pas boire la sienne. Les agents de bord, on doit monitorer.

Aimy :

On doit avoir un contrôle sur combien consommer.

Lucie :

Exactement parce que n’importe qui qui prend de l’alcool agit d’une certaine façon…

Aimy :

Qui pourrait mettre les autres à risque.

Lucie :

Oui, oui, tout à fait. Surtout dans un avion, depuis le 11 septembre…

Aimy :

On ne prend pas de chance…

Lucie :

Donc, on attendait la police parce qu’il a fallu restreindre un passager qui buvait son propre alcool. Tout ça engendre des délais, évidemment et au retour, il a fallu attendre les ambulanciers parce qu’on a eu une bagarre entre deux messieurs. Ce n’est même pas eux qui se sont blessés. Il y a une femme qui a voulu intervenir, qui s’est fait repousser et elle s’est brisé la jambe. Donc, un vol assez difficile. Surtout qu’après, on atterrit, on attend les ambulanciers. Des fois, ça prend une heure. Tout dépend de ce qu’ils ont à faire. Il faut remplir la paperasse, aussi. Nous, tant qu’il y a un passager dans l’avion, on ne peut pas quitter l’avion. Tous les membres de l’équipage, il n’y en a pas un qui peut quitter.

Aimy :

Incluant les pilotes?

Lucie :

Non, les pilotes, eux, ils ont des permissions spéciales, toujours. Le lendemain, j’avais un minimum rest…

Aimy :

Un temps limite, un temps minimum de repos.

Lucie :

Oui, avant mon prochain vol et il n’y a rien qu’ils ont pu faire parce qu’on avait atterri, même si on attendait dans l’avion pendant une heure, deux heures. Des fois, ça arrive, des choses comme ça.

Aimy :

Donc, la version très glamour que les gens peuvent avoir du métier, oui, d’accord, on a l’occasion de voyager vraiment beaucoup, mais, en même temps, il y a une partie vraiment terrain. Il y a quelqu’un qui ne va pas bien, il faut que je m’occupe de lui. Ce n’est pas toujours sexy. La dame qui s’est cassé la jambe, ce n’est pas cool.

Lucie :

J’ai déjà eu du vomi sur moi, j’ai ramassé de la défécation dans des lavabos. Il y a un côté un peu plus brun (rire).

Aimy :

Mais ça en fait partie. Il faut le savoir un peu, si c’est un projet que l’on peut avoir que ce n’est pas toujours tout rose, comme dans n’importe quoi et que ça implique différents trucs, dans tous les sens, tant positif que non.

Lucie :

Mais, c’est ce qui fait la beauté de la chose parce que, dans le train-train quotidien, il n’y a pas de défi, nécessairement. C’est de faire ton service, on sert du café et on vend des wraps au poulet, c’est ça. Quand il arrive un petit quelque chose, il y en a qui n’aiment pas ça parce que c’est un stress supplémentaire. Mais, moi, j’ai l’impression que c’est le défi du travail, en soi.

Aimy :

C’est la vraie vie.

Lucie :

Oui et c’est sûr que ça peut arriver n’importe où, mais il y a plus de risques que ça arrive dans un avion. C’est un petit espace, il y a trois-cents passagers, il fait chaud, il fait froid et avec l’altitude, aussi, il y a un très gros impact sur le corps. Donc, il y a plus de risques que ça arrive dans un avion que dans un bureau.

Aimy :

C’est un contexte qui peut être porteur de ça.

Lucie :

Oui, tout à fait.

Aimy :

Si je te demandais qu’est-ce qui t’a amenée, toi, à faire ce métier-là?

Lucie :

Ma passion, c’est de voyager et là, je suis payée à le faire. Il n’y a pas grand monde que je connais qui sont aussi passionnés de leur travail et ce n’est pas de même juste pour moi. Tous mes collègues sont aussi dans la même situation et sincèrement, c’est incroyable, de se dire que c’est la meilleure et la pire job au monde. Il arrive des situations où on n’est plus capables, où on est fatigués, on est épuisés. Mais, en bout de ligne, qui est payé à être sur le bord de la plage, à prendre un petit drink sur le bord de la piscine? C’est incroyable. À découvrir le monde, découvrir de nouvelles cultures. Moi, c’est ça que je voulais faire. Je le faisais, de toute façon. Mais là, je suis payée pour le faire.

Aimy :

Donc, tu joins l’utile à l’agréable.

Lucie :

Oh oui!

Aimy :

À la base, en quoi est-ce que tu as étudié?

Lucie :

En tourisme.

Aimy :

Tu as fait le DEC en tourisme?

Lucie :

Oui.

Aimy :

Puis, ensuite?

Lucie :

Ensuite de ça, je suis allée à l’université, en tourisme. Je n’ai pas fini mes études, par exemple, mais je savais que c’est ça que je voulais faire. J’ai trouvé un travail, aussi, à l’extérieur du pays et c’est là que j’ai eu ma piqûre. Sincèrement, je me suis dit : ce n’est pas vrai que je vais rester dans mon petit pays. En plus, j’ai de la misère à suivre juste une idée, pendant que je travaillais à l’extérieur du pays, j’ai pris un trois mois de pause dans mon autre travail, où je travaillais dans un bureau, avec cinq personnes, je travaillais de neuf heures à cinq heures, le soir, du lundi au vendredi. Des gens plus âgés, aussi, c’était très morne, très monotone et c’est là que j’ai eu un gros dédain de mon travail. Je me suis dit : non, ce n’est pas vrai, en revenant, je vais essayer de devenir agent de bord, car je ne peux pas retourner dans un bureau.

Aimy :

Donc, c’est une situation de travail qui te convient bien et c’est un contexte de travail qui te convient bien : Je ne suis pas dans un bureau, je suis active, je fais autre chose et en plus, je voyage.

Lucie :

Oui et si tu es un morning sunshine, tu peux faire des vols le matin, tôt et revenir à la maison pour deux heures, trois heures l’après-midi, si tu veux. Tu peux faire des vols d’après-midi, tu peux faire des vols de soir, des vols de nuit, aussi, si tu es un oiseau de nuit. C’est vraiment un horaire flexible. Si tu ne veux pas travailler les fins de semaine, tu peux le faire si tu veux.

Aimy :

On revient à cette adaptabilité.

Lucie :

Oui, c’est une flexibilité infinie.

Aimy :

Et qui toi, te convient bien.

Lucie :

Oh oui! En fait, je pense que tout le monde pourrait le faire, si… ouin…

Aimy :

Que tout le monde pourrait le faire, dans le sens où… Comment tu allais le dire, dans le fond, c’est tout le monde qui pourrait le faire?

Lucie :

Ça pourrait plaire à tout le monde du fait que, tu as ton horaire et tu peux le modeler comme tu veux, à l’infini. Ça ne pourrait pas être un inconvénient pour personne.

Aimy :

Personne ne s’en plaindrait.

Lucie :

Oui.

Aimy :

Ce qui te plaît le plus, j’imagine, c’est la partie voyage. Qu’est-ce qui te plaît le moins, dans ton travail?

Lucie :

C’est sûr que, je vais faire attention à ce que je dis, mais les passagers, des fois, ce n’est pas toujours facile. Le service à la clientèle, tout simplement, ce n’est pas facile.

Aimy :

Comme dans n’importe quel poste en service à la clientèle, en général.

Lucie :

Sauf qu’en service à la clientèle, les gens restent, en moyenne, quoi, 15 minutes, 20 minutes avec leur client? Nous, c’est des six heures, huit heures, des fois. Ça peut être long. Ça peut passer super vite quand tu as de très bons passagers, mais des fois…

Aimy :

Il y a peut-être une notion de proximité, aussi. C’est petit, un avion.

Lucie :

Oui. N’importe qui n’est pas à l’aise. Quand l’avion est plein, les gens sont assis juste à côté. Des fois, ils ne sont pas assis à côté de leurs proches, ils sont assis à côté des inconnus. Il y a une, comme tu disais, une proximité, mais avec des inconnus qui fait en sorte que les gens sont moins agréables, sont moins patients.

Aimy :

Il doit y avoir un malaise.

Lucie :

Oui, tout à fait. Puis les gens, souvent, ils ont des attentes. Mais, tout dépend des compagnies aériennes aussi, si tu ne voles pas avec Emirates.

Aimy :

J’ai payé mon billet d’avion tellement cher, que j’aimerais ça que mon assiette soit en or.

Lucie :

Ou j’aimerais avoir mon premier choix de dessert.

Aimy :

Mais ce n’est pas toujours possible.

Lucie :

Mais ce n’est pas possible toujours et ça peut arriver avec Emirates aussi, peu importe. Mais, les gens ont de trop hautes attentes, trop souvent.

Aimy :

C’est comme si ton métier était vu de manière glamour, mais c’est comme si voyager en avion aussi, c’était un peu vu comme ça.

Lucie :

Oui, tout à fait!

Aimy :

Qu’est-ce que tu dirais qu’il faut pour être une bonne agent de bord? Est-ce que tu dis agent ou agente de bord?

Lucie :

C’est une bonne question, c’est une question que je me suis toujours demandée. Moi, je dis agent de bord, les gens disent agent de bord mais, techniquement, il faudrait dire agente. Tout à fait.

Aimy :

Et voilà. Qu’est-ce que tu dirais qu’il faut avoir comme qualités pour bien faire ce métier-là?

Lucie :

La patience, la patience, énormément. Une flexibilité aussi car, comme je le disais, ce n’est pas toujours facile, surtout dans les débuts. Tu es loin de la famille. On travaille quand les gens ne travaillent pas, les jours fériés, Noël, Pâques, le March Break. Quand tout le monde s’amuse dans ton quotidien, ta famille se réunit, bien toi tu es à l’autre bout du monde, tu es seule. Ça prend une certaine flexibilité. Ça prend une ouverture d’esprit, aussi, justement, d’où le fait que tu es souvent loin de la famille et des amis, veut, veut pas, les agents de bord, tes collègues deviennent ta nouvelle famille, tes nouveaux amis. Ça prend une ouverture, une facilité d’approche, aussi, de se faire des amis. Une bonne communication, aussi, avec autrui, tu es six heures de temps avec les passagers. Si tu as de la misère à communiquer et si tu n’aimes pas les êtres humains en général, ça va être long.

Aimy :

Ça va être difficile. Je suis six heures de temps avec les passagers et six heures de temps avec cette équipe, aussi, que je ne connais pas du tout.

Lucie :

Oui. Si tu es gêné, tu n’es peut-être pas à ta place. Il faut vraiment une ouverture d’esprit.

Aimy :

Un entregent, aussi.

Lucie :

Oui, oui, énormément. Sinon, des qualités… Est-ce que tu veux plus des qualités pour être un bon agent de bord ou ce que ça prend pour être agent de bord?

Aimy :

Mettons, les deux.

Lucie :

Je dirais que, pour être un agent de bord, ce n’est plus ce que c’était avant. À une certaine époque, il y avait des restrictions d’âge, des restrictions de poids, de taille. Il fallait être célibataire. Aujourd’hui, tout ce qu’ils demandent, si je ne m’abuse, c’est un certificat de secondaire, ensuite être bilingue si tu es basé au Québec, sinon c’est l’anglais simplement et être âgé de 18 ans et plus. C’est les trois choses.

Aimy :

Est-ce qu’il y a certains critères de santé? Être en bonne santé?

Lucie :

Oui, une bonne vue, quand ils font des tests, en fait, avant de t’engager, ils vont passer des tests médicaux. Donc, une bonne vue, une bonne ouïe, ils vont faire des tests de drogue aussi. Il faut avoir le sang clair. C’est certains tests qu’il faut passer avant d’être engagé. Sinon, pour ce qui est des qualificatifs, tout ce qu’ils demandent, avoir de l’expérience en service à la clientèle ou en gestion d’employés, c’est encore mieux. Une troisième langue, c’est toujours un atout, mais ce n’est pas obligatoire, outre ces trois qualificatifs.

Aimy :

À ton avis, comment est-ce que tu penses que ta profession va évoluer dans les cinq, dix, quinze, vingt prochaines années?

Lucie :

Le tourisme est en pleine expansion depuis des années et des années. Ça ne cesse d’augmenter et ce n’est pas demain qu’il va disparaître du jour au lendemain. J’ai l’impression qu’il va être là pour le reste de la vie, jusqu’à ce que, peut-être, on invente la téléportation.

Aimy :

Tu n’as pas l’impression que ça va être robotisé?

Lucie :

Oh mon Dieu, non! C’est sûr qu’ils parlent, aujourd’hui, il y a les pilotes automatiques alors les pilotes, tout ce qu’ils ont à faire, c’est le décollage et l’atterrissage. Ils sont en train d’inventer, même en ce moment, je crois que ça existe, qu’il y a des avions qui peuvent faire le vol de A à Z. Mais, encore là, je ne pense pas que ça va disparaître. On dit que l’erreur est humaine, mais l’automatisation l’est encore plus, surtout dans un cas de transport.

Aimy :

Si on revient à ce que tu me décrivais dans le cadre de ton travail, je réconforte une personne qui a peur de voler, bien un robot ne peut pas faire ça.

Lucie :

Un robot ne peut pas faire ça, tout à fait. J’aurais plus peur pour la profession du pilote, mais agent de bord je ne vois aucun danger que ce soit une profession qui disparaisse.

Aimy :

Si on revient, donc, tu me disais, le tourisme est en expansion, comment est-ce qu’on pourrait voir évoluer cette profession-là?

Lucie :

Hum, évoluer, c’est une bonne question.

Aimy :

Il est possible que ça reste comme c’est aussi, mais dans de nouveaux avions.

Lucie :

Tout à fait, ça se pourrait éventuellement que… J’ai l’impression d’être dans Retour vers le futur, quand on imaginait des autos qui allaient voler dans 20 ans. Ça se pourrait qu’il y ait une évolution pratique. Des chariots qui se poussent tout seuls.

Aimy :

Donc, que vos outils soient modernisés.

Lucie :

Oui, tout à fait, mais les avions, ça s’en vient de plus en plus luxueux. Mais, j’ai l’impression que le domaine en soi. Je ne sais pas ce qui pourrait être modernisé…

Aimy :

Ça risque de se maintenir, peut-être, selon toi?

Lucie :

C’est une bonne question.

Aimy :

On ne le sait pas… Dernière question, dans la grande série de questions, quel conseil est-ce que tu donnerais à quelqu’un qui voudrait exercer cette profession-là?

Lucie :

De ne pas lâcher. C’est rare, aussi, qu’on obtient l’emploi dès la première fois. J’ai beaucoup de collègues qui ont…

Aimy :

C’est les entrevues qui sont ardues?

Lucie :

Oui, tout à fait et ça ne veut pas dire que si tu n’as pas la job cette fois-ci qu’ils ne te rappelleront pas et que si tu ne te réessaies pas, que tu n’auras pas la job la deuxième fois. C’est sûr que, souvent, ça va par batch. Ils ont besoin de 50 personnes cette fois-ci, ça se pourrait que tu sois la cinquante-et-unième à être choisie. J’ai énormément de collègues qui l’on eu au deuxième, troisième tour. C’est de se réessayer à chaque fois. Sinon, qu’est-ce que je pourrais donner comme petit conseil? Soyez vous-mêmes! Il y a beaucoup de compagnies aériennes qui choisissent les gens en conséquence, en fonction de leur personnalité. Si tu rayonnes en entrevue, même si tu n’as pas les atouts nécessaires, si tu n’as pas d’expérience en service à la clientèle, si tu es une personne qui a une facilité d’approche, qui est agréable à l’écoute, qui a du charisme, je pense qu’il y a plus de chances encore que tu sois choisi qu’en fonction de tes qualificatifs. Ça reste du papier, en soi. Mais, encore là, tout dépend des compagnies aériennes. Choisis bien ta compagnie aérienne. Il y a des compagnies plus jeunes, plus dynamiques. Il y a des compagnies où ils recherchent plus le professionnalisme, le sérieux, la carrière. Ça dépend aussi si vous voulez faire ça de façon saisonnière ou si vous …

Aimy :

Si c’est un objectif de carrière.

Lucie :

Oui, exactement! Faites vos recherches sur les compagnies aériennes.

Aimy :

Comment on ferait ça, une recherche sur les compagnies aériennes?

Lucie :

Aujourd’hui, avec Facebook, aussi, il y a beaucoup de groupes, j’aurais dû les noter.

Aimy :

On va mettre les liens sur notre site internet.

Lucie :

Certainement. Il y a beaucoup de groupes Facebook, en fait, pour les agents de bord. Si vous avez des questions, en fait, il y a des agents de bords qui sont dans les groupes, qui sont là pour répondre à vos questions. Ils ne sont pas payés pour, mais je pourrais être dans le groupe puis quand j’ai le temps ou que ça adonne.

Aimy :

Il y a cette ouverture-là qui existe.

Lucie :

Oui, tout à fait.

Aimy :

Soyez à l’affût, sachez ce que vous voulez faire, aussi. Lâchez-vous lousse! Sur cette belle note, Lucie, merci beaucoup, ça a été super agréable.

Lucie :

Merci à toi.

Aimy :

Merci à notre invitée et merci à vous d’avoir écouté cet épisode des Portraits professionnels. Pour plus de détails sur cette profession, visitez notre site internet au www.saltoconseil.com.